le direct Musique sacrée

Les vérités  2018 – L’Iran : crise majeure pour Israël et les Etats-Unis. Que décidera Donald Trump le 12 mai ?

Cette échéance du 12 mai  concernant l’Iran est attendue avec inquiétude par la communauté internationale. Donald Trump a donné aux Européens cette date pour « réparer les affreuses erreurs » de l’accord conclu en 2015 à Vienne, le « pire jamais signé par les États-Unis ».

Mais le président américain n’a donné aucun signe de vouloir assouplir sa position devant Emmanuel Macron et Angela Merkel : »Je ne vais pas disserter sur le fait que j’utiliserai ou pas la force militaire« , a dit le président américain pendant une conférence de presse conjointe avec la chancelière allemande.. » Mais je peux vous dire ceci : les Iraniens ne vont pas fabriquer d’armes nucléaires. Ça je peux vous l’assurer.                                          

Les deux Européens, n’ont, semble-t-il, pas réussi à faire bouger la position de la Maison Blanche. La chancelière a admis que l’accord nucléaire ne suffisait pas à contenir les ambitions de Téhéran mais l’a défendu en tant que « première étape » nécessaire. « Nous sommes d’avis que l’accord passé est une première, mais nous pensons aussi, d’un point de vue allemand, que cela n’est pas suffisant pour s’assurer que les ambitions de l’Iran soient maîtrisées et contenues ».

Que dit cet accord de 2015 entériné par le Conseil de sécurité de l’ONU, l’Allemagne et l’Iran ?  Cet accord est axé sur trois points principaux que sont  une limitation du programme nucléaire iranien pendant au moins une décennie, une levée des sanctions internationales contre l’Iran, un renforcement des contrôles. »

En pratique, cela consiste à des inspections de l’AIEA (Agence internationale pour l’énergie atomique) mais limitées à certains lieux et à certains matériaux, afin de limiter l’enrichissement en uranium, et à un arrêt progressif des sanctions économiques. Cet accord peut être considéré comme historique et novateur, car la communauté internationale veut seulement éviter le développement d’un programme nucléaire militaire clandestin et non cesser toutes les activités nucléaires du pays, surtout les sources civiles d’énergie.

Le 16 janvier 2016 a été publié un rapport de l’AIEA indiquant que l’Iran suivait l’accord signé en 2015 en cessant son enrichissement d’uranium, et le directeur général de AIEA a réaffirmé le 9 novembre 2017 à New York à l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, que l’Iran respectait ses engagements. A l’inverse Israël affirme que l’Iran viole les accords, en mettant en avant les archives en sa possession.

Où est la vérité ? Elle est à la fois politique et géopolitique.

1- Politique. L’Iran confirme  ses nouvelles productions nucléaires : « Par le passé, nous devions rendre compte longuement de nos actes auprès de différents organismes, mais ce n’est plus le cas », a dit le général Amir Ali Hajizadeh, chef du département aérospatial du corps des Gardiens de la Révolution. « Notre production (de missiles) a triplé par rapport au passé ». « Le gouvernement, le parlement et diverses hautes personnalités sont convenus notamment de la nécessité de missiles sol-sol », a-t-il précisé.

2- Géopolitique. L’Iran compte 82 millions d’habitants, il est chiite, a rompu ses relations diplomatiques avec l’Arabie saoudite, participe au conflit du Yémen, est soutenu par la Chine et la Russie, est hostile à Israël, et il est l’allié de Bachar El Assad.

Qu’attendre le 12 mai ? Le Moyen Orient est une poudrière : souvenons-nous de l’Histoire avec la dépêche d’Ems en 1870, de Sarajevo en 1914, des guerres d’Irak déclenchées sous de faux prétextes.

Maintenir la paix au Moyen Orient est un impératif stratégique et moral.

Paris et Berlin doivent travailler à maintenir cette paix, mais le peuvent-elles ?