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Les vérités  2018 – Les Etats Unis opposés  à l’Europe concernant l’Iran : est-ce la fin d’une longue collaboration ?

Même perplexité vis-à-vis de la Corée du Nord. Face à la crise iranienne deux essayistes Nicolas Baverez et Renaud Girard font part de leur réprobation dans leurs éditoriaux (le Figaro).

Nicolas Baverez écrit : « En humiliant l’Europe par la brutalité délibérée avec laquelle il a dénoncé l’accord de Vienne après celui de Paris, Donald Trump ouvre une crise transatlantique d’une gravité sans précédent ».

Renaud Girard se place, lui, à un niveau différent : « Que vaut un engagement international de l’Amérique s’il peut être déchiré à tout moment ? … La Maison Blanche  menace de punir des entreprises européennes qui ne font qu’appliquer une résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU ».

            Le président américain veut confirmer son rapprochement avec Israël en transférant son ambassade à Jérusalem et avec l’Arabie saoudite par ses contrats d’armement. Il assume aussi le choix du sunnisme face au chiisme irakien, iranien et syrien. Donald Trump veut et peut appuyer  ses ruptures  par sa puissance militaire assurée par un budget de 700 milliards de dollars.

            L’Europe, avec la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni voudraient confirmer les accords signés à Vienne en 2015. La Russie et la Chine étant eux aussi opposés à la position unilatérale des Etats Unis, que nous réserve l’avenir ?

Il est hélas incertain, mais dans le présent les premières conséquences sont préoccupantes : le baril de pétrole voit son prix dépasser les 70 dollars, et certains analystes le voit même atteindre les 100 dollars ! Reconnaissons que d’autres pensent que la production augmentera et les coûts repartiront à la baisse. On peut en douter lorsque l’on apprend que Total renonce à son projet d’investissement en Iran devant les menaces de Washington voulant sanctionner les relations commerciales avec Téhéran.

Que devient l’autre problème géopolitique traité par le président américain : la Corée du Nord ? Celle-ci semble entamer un recul politique en récusant l’entrevue prévue le 12 juin à Singapour si Washington maintenait des exigences jugées excessives et déséquilibrées. Pyongyang a déjà annulé une rencontre de haut niveau avec la Corée du Sud pour protester contre l’exercice militaire annuel auquel prennent part les armées sud-coréenne et américaine.

        Il semble clair que Donald Trump veut affirmer sa place de première puissance mondiale tant sur les plans géopolitique, économique que militaire sans se rendre compte de deux risques majeurs.

          1- Le Moyen-Orient reste une poudrière pouvant entraîner des conflits touchant tous les pays de la région et impliquant même la Turquie et la Russie.

           2-  L’endettement tant mondial qu’américain, avec la hausse prévue des taux d’intérêt, peut entraîner inflation et crise économique.

Retrouver la lucidité géopolitique et la faire partager à nos partenaires devient la priorité de notre époque : la France s’y essaie, mais sera-t-elle écoutée ?