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Les vérités  2018 – Le Qatar : ce petit émirat sunnite,  riche de produits pétroliers, frontalier de l’Arabie saoudite, est allié de l’Iran chiite et de la Russie.

 Ryad a rompu ses relations avec Doha et menace militairement le pays. Espérons que le rapprochement Etats-Unis/ Corée du Nord servira d’exemple pour réduire les tensions !

Ancien protectorat anglais, indépendant depuis 1971, le Qatar s’étend sur moins de 12 000 km2 et compte deux millions et demi d’habitants. Son économie est basée principalement sur le gaz : il est le premier exportateur mondial de gaz liquéfié, ce qui explique sa prospérité économique, son absence de chômage, et un PIB par habitant estimé à  80 000 dollars par an. Le pays emploie plus de 300 000 Népalais peu qualifiés et sous payés.    Doha a triplé en superficie en vingt ans, et n’en finit pas de grignoter le désert. Aujourd’hui elle accueille, à elle seule, la moitié de la population.

Qatar Airways est l’une des quatre compagnies aériennes mondiales classée « cinq étoiles » et fut élue meilleure compagnie aérienne au monde durant plusieurs années. D’autre part l’émirat, grâce à ses réserves financières, multiple les investissements et les prises de participation. En France des ressortissants qataris détiennent les hôtels parisiens Raffles (ex-Royal Monceau), Concorde Lafayette, Peninsula et l’hôtel du Louvre, ainsi que le Martinez et le Carlton à Cannes et le Palais de la Méditerranée à Nice.

Le Qatar est le deuxième actionnaire du groupe AccorHotels, détient plusieurs milliers de m2 de locaux sur l’avenue des Champs-Elysées et près d’un quart de la Société fermière du casino municipal de Cannes (SFCMC), qui exploite le Majestic Barrière et le Gray d’Albion. L’émir du Qatar possède l’hôtel d’Evreux, niché dans la prestigieuse place Vendôme à Paris, et son frère détient l’hôtel Lambert, à la pointe de l’Ile Saint-Louis.

Le Qatar est aussi très présent dans les grandes entreprises avec des participations minoritaires dans Total, Vinci, Veolia Environnement, LVMH, et Vivendi, en plus de détenir les magasins du Printemps.

Pour faire face aux menaces de l’Arabie saoudite, le Qatar dispose d’une armée de 25 000 hommes, équipée des meilleurs matériels, et a recruté le même nombre de mercenaires. L’émir a commandé en outre  à la Russie ses nouveaux missiles S-400.

De quoi, ou de qui, ont peur les autorités saoudiennes ? Elles ont adressé un courrier à leurs homologues françaises et anglaises leur demandant d’user de leur influence pour faire avorter le contrat avec Moscou pour la livraison des fameuses batteries antiaériennes S-400, le système de DCA le plus sophistiqué dans sa catégorie, et la bête noire des pilotes de chasse les plus chevronnés.

Un courrier confidentiel révélé par le journal Le Monde précise que si Paris échoue à faire avorter la transaction, «  Riyad ferait tout pour l’en empêcher quitte à bombarder les dites batteries » ! Comment ? Personne ne le comprend, mais on sait par contre que si un avion ou un missile est accroché par le radar d’une batterie S-400 (qui peut traiter plusieurs cibles à la fois), il ne le lâchera pas jusqu’à l’impact.

Où se situent les véritables problèmes géopolitiques ?

1- D’une part dans l’hostilité séculaire entre un Iran chiite, aujourd’hui allié du Qatar, face à une Arabie sunnite.

2- D’autre part dans l’indépendance affichée d’un Qatar frontalier, fier de sa richesse et l’utilisant pour des investissements internationaux.

Il est vrai que l’Iran, fort de ses 80 millions d’habitants et de son pétrole étend son influence en Syrie, au Yémen et même dans sa communauté chiite habitant principalement la zone pétrolière. Ryad n’hésite d’ailleurs pas à multiplier les exécutions de suspects de confession chiite.

La coupe du monde de football, prévue à Doha en 2022, sera-t-elle l’occasion d’un apaisement dans la région ?                                                                       spérons-le et travaillons pour cette espérance.