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Les vérités  2018 – Le Brexit. L’avenir pour le Royaume-Uni : la croissance ou la récession et un tournant géopolitique

 

Les scénarios du futur concernant le Brexit sont contradictoires tant du côté de Londres que du côté des Européens, mais regardons d’abord le calendrier officiel : le Royaume-Uni quittera bien l’Union européenne (UE) le 29 mars 2019 à minuit heure du continent, comme prévu, mais une période de transition, jusqu’à fin 2020, a été convenue. Cet accord offre aux entreprises un répit pour s’adapter.

On ne sait pas quelles seront les modalités concrètes de la sortie du Royaume-Uni. Si il y aura un « Soft Brexit » (accord similaire à ceux en vigueur entre l’UE et la Suisse ou la Norvège), ou un « Hard Brexit » (absence d’accord et application des règles de l’Organisation mondiale du commerce, OMC), ou un « Creative Brexit » (une solution nouvelle dont personne ne connaît la nature).

Pour les pessimistes Londres  doit se préparer au pire. Citons trois exemples.

1- Les Britanniques souhaitant se rendre en voiture en Europe le 30 mars prochain, devraient obtenir un permis de conduire international en plus de leur document national qui ne serait plus valable. Il leur faudrait un passeport comprenant plus de trois mois de validité.

2- Les appels passés de leurs téléphones mobiles ne bénéficieront plus de la gratuité des frais d’itinérance, sauf si les opérateurs anglais décident de les prendre à leur charge.

3- Les véhicules sortant des usines britanniques ne seraient plus homologués pour rouler sur le continent, et vice versa. Ce serait le cas aussi de nombreux produits qui ne pourraient être commercialisés sans autorisation spécifique.

A l’inverse, l’économiste français Max Roche est optimiste sur les conséquences du Brexit. Selon lui, la sortie de l’Union européenne va profiter aux Britanniques.

« Je crois à la réussite du Brexit et je prends la nationalité britannique tout en gardant la nationalité belge, car je vais être dans la situation qui était celle du Royaume-Uni avant de quitter l’Union européenne, à savoir : un pied dedans, un pied dehors.

Il ‘estime que les deux nationalités sont essentielles, et que c’est l’attitude de la majorité des ressortissants européens au Royaume-Uni en prenant la nationalité britannique tout en gardant leur nationalité d’origine.

Londres analyse les difficultés que les entreprises et les citoyens pourraient rencontrer à l’occasion du Brexit. La Banque d’Angleterre envisage même une chute de  l’immobilier.

Vu l’incertitude des négociations, les scénarios divergent. Mais en fait, il y aurait un accord, minimal permettant au Royaume-Uni non pas de quitter l’Europe, mais de quitter l’Union européenne et de pouvoir jouer à sur ses atouts : la finance offshore, la dérèglementation du marché du travail, la langue anglaise, la résolution de son problème migratoire.

Cela attirera les investisseurs étrangers, car le tiers des paradis fiscaux du monde est sous le contrôle anglais d’une manière ou d’une autre. Il y a aussi le plein emploi et le fait que les investissements étrangers vont se poursuivre parce que le Royaume-Uni protège et attire les investisseurs étrangers, notamment dans l’industrie car les travailleurs sont productifs et il y a peu de syndicats.

Max Roche idéalise-t-il le futur ? C’est probable, mais la raison principale du Brexit  nous semble d’ordre géopolitique avec le vrai défi de notre siècle : cette immigration que les pays européens redoutent chaque jour davantage.

La Grande Bretagne est une île et l’histoire l’a souvent démontré, ne serait-ce que durant la dernière guerre. Les Britanniques veulent en priorité  fermer leur frontière à l’immigration. Est-ce le signal de la nouvelle bataille mondiale à venir ?   Cela mérite un vrai débat politique et non un déni des réalités comme nous l’avons connu avant guerre.