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Les vérités  2018 – La Russie de Poutine : pro-occidentale ou pro-asiatique ?

 

Vladimir Poutine est donc réélu avec une large majorité : certes les oppositions n’eurent guère les moyens de s’exprimer, mais la personnalité du Président et sa politique  sont respectées par ses compatriotes. Certes sa fortune laisse perplexe : avec 300 milliards de dollars, elle se révèle comme une première mondiale, mais les Russes ne paraissent pas lui en tenir rigueur.

Venons-en à l’analyse géopolitique de cette Russie menée d’une main de fer par le Tsar moderne que se veut Poutine. Les chiffres surprennent.

1- La géographie et la démographie. La Russie est le plus grand pays du monde avec 17 millions de Km2, avec des frontières bordant l’Europe et la Chine. Rappelons que les Etats Unis représentent la moitié de cette superficie et la Chine les deux tiers. En revanche, en ce qui concerne la population c’est très différent : la Russie ne compte que 145 millions d’habitants face aux 330 millions d’Américains et au milliard et demi de Chinois.                      2- L’Economie et le budget des armées Avec son PIB de 1 200 milliards de dollars, la moitié de celui de la France, Moscou se situe au douzième rang mondial, entre la Corée du Sud et l’Australie. C’est presque un nain économique, ce qui explique que le budget des armées d’un montant de 60 milliards de dollars fait face aux 700 milliards du budget du Pentagone.

Ne voyons pas de critiques dans ces chiffres, car la Russie, d’esprit tsariste, a montré durant les 80 dernières années une énergie et des capacités d’innovation exceptionnelles : souvenons-nous de son courage durant la dernière guerre et son innovation spatiale avec l’épopée Gagarine. Certes le stalinisme fut un régime d’horreurs, mais il appartient au passé comme le nazisme.

Poutine semble vouloir aider le religieux à se développer et les signes en ce sens se multiplient. Nous avions signalé ses deux visites au pape François et il a inauguré à Paris  la nouvelle cathédrale orthodoxe comprenant un auditorium dans le but de faire entendre économistes et politiques. En Russie la religion orthodoxe se développe auprès des jeunes générations.

Au niveau géopolitique, il fait face à l’hostilité de Donald Trump et aux sanctions européennes. Le peuple lui est reconnaissant de faire face et que le pays soit respecté.  Par contre, sur le plan intérieur, Poutine a conscience que la pauvreté et le délabrement des infrastructures rongent le moral du pays et il a récemment déclaré : » On ne peut esquiver les questions liés à nos capacités de défense, mais le principal, pour nous, c’est l’ordre du jour intérieur ». Cette déclaration confuse serait une façon d’aborder deux urgences : celui des retraites et les problèmes de santé, avec le manque cruel de médecins.

Renaud Girard, dans le Figaro, résume le problème russe. » Face à une Amérique qui les méprise et à une Chine qui veut les dévorer, les Européens n’ont qu’une option, les ramener dans la famille ».

Le Kremlin veut réduire le budget des armées. C’est une prise de conscience des priorités nationales. Aidons la Russie à donner la priorité au redressement économique pour retrouver la collaboration issue de notre histoire commune.