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Les vérités 2018 –  La  migration acceptée par Angela Merkel  suscite une profonde crise politique en Allemagne

Le problème atteint aussi toute l’Europe : la question migratoire devient le défi géopolitique majeur de notre époque.

Rappelons que l’Allemagne d’aujourd’hui est le leader économique de l’Europe : belle revanche pour le vaincu ruiné de 1945. Rappelons que le pays de 80 millions d’habitants est un Etat fédéral comptant 13 Länder. Economiquement tous les voyants sont au vert : PIB, croissance, budget, balance commerciale, emploi. Sa dépense publique (47% du PIB est de dix points inférieure à celle de la France (57% du PIB)), soit 200 milliards d’euros.

Comment fonctionne l’Etat fédéral ? Outre Rhin, chaque Land a sa propre constitution (Verfassung) : il est doté d’un Parlement (Landtag) et d’un gouvernement (Landesregierung), issu de la majorité du Landtag. Le Land est souverain en matière de culture (enseignement, théâtre, musique, etc.), d’organisation des services de police, de droit communal. La Fédération peut élargir les compétences des Länder : l’enseignement supérieur, l’aménagement du territoire, la protection de la nature et la conservation des sites naturels sont ainsi passés de la compétence de la Fédération à celle des Länder.

En revanche, les Länder doivent faire respecter les décisions fédérales, mais chacun peut également lever des impôts : 36 % des impôts directs collectés leurs reviennent, l’État fédéral en recevant près de 50 % et les communes se partageant le reste.                                                                                    La loi fondamentale n’a pas délimité strictement certains domaines législatifs :  le droit civil, le droit pénal, le droit économique, le droit du travail, la politique du logement, la politique énergétique, la circulation routière ou encore la gestion des déchets. Sur ces sujets les Länder peuvent légiférer à condition que l’État fédéral l’autorise.

C’est une grave situation  politique qui se joue entre la CDU d’Angela Merkel et la CSU : cette aile droite de la coalition gouvernementale allemande, qui gouverne la Bavière, a fixé un ultimatum de deux semaines à Angela Merkel pour trouver une solution européenne à la question migratoire. En cas d’échec, le ministre de l’Intérieur, Horst Seehofer (CSU) est prêt à renvoyer les demandeurs d’asile enregistrés dans un autre pays membre.

Suite à sa réunion du 19 juin avec Emmanuel Macron, Angela Merkel a annoncé que l’agence Frontex, actuellement chargée de la surveillance des frontières européennes, verra son budget significativement augmenter. Elle a insisté sur la priorité donnée à « agir d’abord sur les causes des migrations » via les aides au développement, ou les tentatives de stabiliser les situations politiques outre-Méditerranée.

Macron insiste lui aussi sur la nécessité d’une « meilleure protection des frontières européennes » et veut « augmenter les moyens. Pour Angela Merkel, « Les Etats les plus touchés doivent recevoir le plus de soutiens », a-t-elle poursuivi, précisant qu’elle devait « prendre en compte les positions italiennes » dans ses réflexions.

Le président français a plaidé pour « travailler davantage avec les pays d’origine et de transit » et a mentionné la création d’une agence européenne du droit d’asile dans le but d’harmoniser les règles en vigueur dans les pays de l’UE. « Nous allons travailler ensemble pour une solution intergouvernementale ou multi-gouvernementale avec plusieurs Etats membres qui sont concernés » pour que les migrants « puissent être repris le plus vite possible dans le pays où ils ont été enregistrés », selon le dirigeant français.

La chancelière a aussi mentionné l’idée de « mécanismes » destinés à ne laisser passer que les migrants ayant besoin d’un droit d’asile, au contraire des « migrants économiques ». Une idée retenue dans le document de préparation du Conseil européen sous la forme de « plateformes régionales de débarquement » située hors de l’UE.

« Ces plateformes devraient prévoir un traitement rapide pour distinguer les migrants économiques de ceux qui ont besoin d’une protection internationale », est-il écrit dans ce « projet de conclusions » du sommet, préparé par le président du Conseil européen, et transmis aux Etats membres.

Une idée soutenue depuis quelques mois par le chancelier autrichien, Sebastian Kurz, et le premier ministre danois, Lars Lokke Rasmussen, et refusée jusque-là par les dirigeants français et allemands. Mais les vives critiques qu’a reçues M. Macron sur sa gestion de l’affaire de l’Aquarius et l’ultimatum lancé par une partie de la coalition gouvernementale à l’endroit d’Angela Merkel les ont fait reculer. Les deux dirigeants ont cependant précisé vouloir encadrer le développement de telles plateformes, en travaillant avec le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

Les deux pays ont par ailleurs annoncé leur volonté de mettre en place un budget commun pour la zone euro visant à mieux la protéger contre les crises. « Nous nous engageons pour un budget de l’euro », a déclaré Angela Merkel. Macron plaidait de longue date pour l’instauration d’un tel instrument de solidarité et de stabilité pour les dix-neuf Etats de l’union monétaire, qui permettra, selon lui, « d’accompagner les pays en difficulté selon des règles à définir ». Ce budget pourrait être mis en place en 2021 et être alimenté par des contributions nationales, les recettes d’une éventuelle taxe sur les transactions financières et d’autres ressources, ont ajouté les deux chefs d’Etat, sans en révéler davantage« Les détails du budget de la zone euro, dont son montant, seront définis lors de la négociation », a affirmé le président français, pour qui « les réponses trop détaillées, lorsqu’elles sont faites à deux, sont parfois contre-productives ».

La CSU reste opposée aux concessions d’Angela Merkel. Le risque d’une crise politique outre Rhin n’est pas à écarter.                                                   Concernant l’immigration n’oublions pas deux leçons historiques.

  • Une parabole : « l’enfer est pavé de bonnes intentions ».
  • Les accords de Munich : Chamberlain et Daladier face à Churchill et de Gaulle.

Une conclusion voulue par lez peuples : oui à la charité, non à l’invasion.

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