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Les vérités 2018 – En Turquie, Erdogan est réélu sans surprise avec 52,5% des suffrages et la majorité au Parlement

Son ambition est d’Islamiser le pays et de reconstituer l’ancien empire ottoman, mais il doit faire face à une réalité : un dangereux déclin économique.

Le Monde résume bien la situation avec le titre « Erdogan assoit sa domination. » Ce n’est pas une surprise car la dictature de fait avait emprisonné le maximum d’opposants et mis la main sur la plupart des médias. Retenons tout de même que les Kurdes, avec 12% des suffrages, maintiennent leur présence au Parlement.

Que représente la Turquie aujourd’hui ? Résumons ses caractéristiques.

– Une population de 83 millions d’habitants s’étendant sur près de 800 000 km2.

– Une appartenance à l’OTAN, ayant perdu son objectif principal : servir d’allié face à la menace de l’ex-URSS.

– La soumission recherchée de l’entité Kurde.

– Un Sunnisme opposé à l’Iran chiite avec une présence militaire en Syrie.

– Une économie dynamique durant plusieurs années, mais qui doit faire face aujourd’hui à une crise économique faisant bondir l’inflation et chuter sa monnaie (la livre turque). Le PIB actuel est de l’ordre de 900 milliards de dollars.

– Un atout stratégique : le détroit du Bosphore, reliant la Mer Noire à la Méditerranée, de statut international depuis les accords de Montreux de 1936.               La Turquie originelle d’Atatürk se voulait un Etat laïc, appellation récusée aujourd’hui de façon catégorique par Erdogan voulant une Turquie à l’islamisme radical et une Turquie conquérante.

Rappelons, qu’à son apogée, l’empire ottoman comprenait non seulement la Grèce, mais la Syrie, le Liban, l’Egypte, la Lybie, l’Algérie et la Tunisie. L’Espagne, elle même, ne fut entièrement espagnole qu’au XVème siècle et le siège de Vienne, assiégé en 1689 par 130 000 Turcs, ne fut levé qu’en 1689 !

Aujourd’hui c’est Damas qui constitue un objectif pour une Turquie qui abrite trois millions et demi de réfugiés syriens. Ces réfugiés pour lesquels l’UE a débloqué une enveloppe de trois milliards d’euros pour leur venir en aide dans le cadre d’un accord conclu en 2016.

La nostalgie de l’Histoire de l’Empire hante Erdogan : il veut assurer son emprise sur la Syrie, ce qui l’oppose, bien entendu, à l’Iran chiite et au régime de Bachar El Assad. Mais les ambitions du Président turc vont beaucoup plus loin Il ne compte plus sur une adhésion à l’Union européenne,  mais se veut l’allié de l’Algérie. Pourquoi ? Erdogan pense que les anciens départements français et ses 40 millions d’habitants émigreront en masse vers nos métropoles. Avec quel résultat ? Celui que le général de Gaulle redoutait en 1960, lorsque la France accorda l’indépendance à l’Algérie « Je ne veux pas que Colombey-Les-Deux-Eglises devienne Colombey-Les-Deux-Mosquées ».

La Turquie d’aujourd’hui impose un Islam absolutiste, non seulement comme religion dominante dans son pays en récusant la démocratie occidentale, mais elle se veut une idéologie conquérante retrouvant les racines et la puissance de son histoire.

Notre siècle vit des bouleversements géopolitiques majeurs : ayons la lucidité de les admettre et d’y faire face.

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