le direct Musique sacrée

Les vérités 2018 – Brésil : où va la nouvelle dictature ? Son programme inquiète

Le futur gouvernement du président Bolsonaro, qui prendra ses fonctions  le 1er janvier, se dessine. “Nous avons défini 80 % de la structure du gouvernement”, annonce son entourage. Sergio Moro, juge de Curitiba, figure de proue de l’opération, qui a conduit à la condamnation et à l’emprisonnement de l’ex-président Lula, obtient le portefeuille de la Justice dans la nouvelle équipe.

Rappelons que le Brésil est le plus grand État d’Amérique latine : avec une superficie de  8 500 000 km2, le pays couvre près de la moitié du Continent et compte une population de 210 millions d’habitants. Ancienne colonie portugaise, la langue officielle est donc le portugais alors que la plupart des pays d’Amérique latine ont pour langue l’espagnol.

En 2017, selon le FMI, le PIB du Brésil s’élève à 2 054 milliards dollars mais en dépit du volume de son économie, le pays reste l’un des pays où les inégalités sociales et économiques sont parmi les plus élevées du monde.

À l’instar de ses voisins, le Brésil est un pays à majorité chrétienne (89 %). Avec 123 millions de fidèles, il s’agit de la deuxième nation chrétienne du monde, derrière les États-Unis, dont la majorité de la population est protestante, et de ce fait la première nation catholique.

Riche en ressources naturelles, le Brésil a été identifié comme étant une nouvelle puissance pétrolière. D’immenses gisements ont été découverts dans les bassins de Santos et de Campos, au large de Rio de Janeiro. Les réserves récupérables n’ont cessé d’être estimées à la hausse. En 2013, elles étaient évaluées à plus de 100 milliards de barils selon l’AIE : des découvertes plus importantes que dans n’importe quel autre pays.

Ces différentes données ne doivent pas masquer les défis auxquels le nouveau gouvernement doit faire face.                                                                              – Un défi économique avec un budget lourdement déficitaire : plus de 8% du PIB.

– Un défi sociologique : avec 60 000 assassinats par an, le pays détient le triste record mondial de l’insécurité. Cela représente plus de 150 meurtres par jour, ce qui oblige les citoyens aisés et à fortiori les étrangers à vivre dans de véritables forteresses. Quant aux déplacements, ils doivent être sécurisés, obligeant souvent la présence de gardes du corps.

Quelle est la raison de ce drame sociologique ? Un  prolétariat qui vit dans des favélas où même l’armée se hasarde rarement.

La nouvelle gouvernance veut lutter contre la corruption tout en réformant une économie qui permettrait de fournir aux défavorisés un niveau de vie acceptable et à la jeunesse une éducation porteuse d’avenir professionnel.

La « dictature » Bolsonaro  serait-t-elle porteuse d’espérance ? On peut l’espérer, mais l’analyse géopolitique redoute deux écueils.                                    1- Les conséquences d’un projet titanesque d’exploitation de la forêt amazonienne.

2- Le triste exemple vénézuélien d’une « dictature » se voulant sociale, avec comme résultat, une faillite totale poussant la population à l’exil, et cela malgré  d’importantes  ressources pétrolières.

La politique de Donald Trump concernant le leader d’Amérique du sud ne semble pas encore définie. Espérons que les décisions de Washington permettront au Brésil de l’aider à devenir une démocratie vigoureuse, capable de développer une économie mise au service d’un peuple subissant, depuis trop longtemps, une insécurité et une pauvreté intolérables.                                                             

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *