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Les vérités  2018 – Berlin : Angela Merkel peut-elle réussir son alliance avec le SPD de Martin Schulz ?

 Dilemme politique, alors qu’économie et rapports sociaux sont au beau fixe.

L’Allemagne vit un paradoxe : son économie est florissante et les relations avec les syndicats se concluent positivement, alors le pays vit une phase d’instabilité politique, avec une forte poussée de l’extrême droite.

1- L’état de l’économie.      

Tous les clignotants sont au vert : la balance commerciale, le budget, la dette.

– La balance commerciale. Elle bénéficie d’une industrie représentant 24% du PIB (contre 12% en France) grâce à des produits de haute technicité.

– Le budget. Il est excédentaire : un mirage pour notre ministre des finances, qui n’a pas connu un équilibre de nos finances depuis quarante ans.

– La dette. Elle se réduit d’année en année pour se retrouver dans la norme des 60% fixés par l’Union européenne.

Pourquoi ces bons chiffres ? La dépense d’Etat ne représente que 47% du PIB (55% en France) et les prélèvements sont aussi dix points de PIB inférieurs aux nôtres.

2- Les rapports sociaux.  

 Ils dégénèrent rarement. Le syndicat IG METALL vient d’obtenir la semaine de 28 heures, mais c’est une forme de travail à temps partiel. Les augmentations de salaire se généralisent avec comme slogan : « préparons la société du XXIème siècle ».

3- L’instabilité politique.  

Elle est due pour l’essentiel à la montée d’une extrême droite n’admettant pas la politique d’immigration qui a permis l’arrivée d’un million de réfugiés. Cette extrême droite, forte d’une centaine d’élus, fait ses premiers pas dans la nouvelle chambre des députés où ils entendent mener la vie dure à Angela Merkel.

 A l’opposé, le SPD veut gauchir la politique actuelle et l’accord avec Martin Schulz devra recevoir l’accord des 440 000 militants, ce qui n’est pas garanti. Pourtant le SPD reçoit les ministères clefs du gouvernement : les Finances, les Affaires étrangères, la Justice.

C’est un paradoxe, cette poussée de gauche au SPD, face à une montée du refus à l’arrivée de migrants. En effet cette opposition politique à l’immigration est en forte croissance en Europe : après la Pologne et la Hongrie, l’Italie en fait un thème majeur des élections de mars prochain. L’arrivée de centaines de milliers de demandeurs d’asile depuis 2014 a centré les discours politiques sur la question.

« L’immigration est une bombe sociale prête à exploser. » Silvio Berlusconi, 81 ans, est de retour au centre du jeu politique italien. Et pour cela, il s’est mis au diapason de la Ligue du Nord, son partenaire de coalition, dans la perspective des législatives.

L’Allemagne fait exception avec sa fragile nouvelle majorité et la France se maintient dans l’ambigüité sur ce sujet brulant de l’immigration.

Une analyse géopolitique objective et quantifiée sur le sujet serait nécessaire : cet impératif sera-t-il admis par les politiques ?