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L’Egypte : le général Al Sissi est réélu sans surprise président, mais quel avenir pour ce pays de 95 millions d’habitants ?

Avec plus de 95 millions d’habitants en 2017, l’Égypte est le pays le plus peuplé du monde arabe, du Moyen-Orient et du bassin méditerranéen. Avec la zone du canal (53 000 km2, soit 5% de la superficie habitable), la densité est évaluée à 1 500 habitants au km2.

En cinquante ans, la population du pays a été multipliée par 3,5, avec, pour ces dernières années, une croissance démographique moyenne supérieure à 2 % par an. Cette démographie galopante prépare une explosion sociale avec un manque de logements, d’infrastructures, d’écoles et d’emplois, l’augmentation du coût de la vie et une forte inflation.

La population est très jeune : l’âge médian se situe autour de vingt-quatre ans et un Égyptien sur trois a moins de quinze ans.

Où en est l’économie ?

Aujourd’hui le déficit public atteint 13 % du PIB avec des dépenses pour la plupart improductives : un cinquième du budget de l’Etat est destiné aux subventions, à l’énergie et aux biens de première nécessité et un quart pour les salaires des 7 millions de fonctionnaires. Quant à l’armée, véritable Etat dans l’Etat, son budget reste secret et elle a des intérêts dans de nombreux secteurs d’activité.

Son PIB est de 330 milliards de dollars avec une croissance de 4 %, un chômage officiel de 12,5 % et une inflation de 30 %. Ce dernier chiffre serait synonyme de faillite sans aide extérieure : l’Egypte a bénéficié d’un soutien politique et économique important de l’Arabie saoudite, des Emirats arabes unis et du Koweït, qui lui ont accordé plusieurs dizaines de milliards de dollars d’aide financière.

Le pouvoir a accueilli avec enthousiasme l’élection de Donald Trump et Al-Sissi, qui a été le premier à féliciter Donald Trump après sa victoire, a effectué sa première visite d’Etat à Washington, en avril 2017, pourquoi ? La réponse est claire : s’assurer de l’aide financière des Etats-Unis.

Avec la Russie, les relations se sont aussi renforcées pour trouver des perspectives de coopération en matière économique et militaire.

La gouvernance égyptienne semble vouloir ignorer la pauvreté croissante de la population, l’émigration de ses élites et la montée de l’intégrisme religieux.

Inconscients, les Occidentaux se sont félicités des soi-disant « printemps arabes », sans s’apercevoir qu’ils recouvraient des révolutions géopolitiques majeures dues à cette démographie galopante qui espère trouver une issue dans l’immigration et le fanatisme conquérant.

Saurons-nous comprendre à temps et nous mobiliser pour faire face à ces périls mortels qui menacent notre civilisation ?