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Décryptage : la malédiction du dollar

Les États-Unis viennent de rompre l’accord avec l’Iran. Une loi empêche toute entreprise reliée aux USA de commercer avec un pays sous embargo. Plusieurs entreprises européennes s’étaient positionnées en Iran. Peut-on se passer du dollar ? Pour y répondre : Laurence Daviano, économiste à Sciences Po et Agnès Bénassy Quéré, présidente déléguée du Conseil d’Analyse Economique.

Avec l’accord sur le nucléaire iranien en 2015, une porte s’est ouverte pour commercer avec l’Iran. Trump l’a fermée. Par un loi de 1977, le principe d’extraterritorialité du dollar est assuré. Cela fait que toute entreprise ayant un lien avec les États-Unis ou commerçant en dollars peut être attaquée en justice si elle commerce avec un état sous embargo. A la question « peut-on se passer du dollar ? « , Laurence Daviano répond : « j’aurais tendance à dire pas encore ». Et d’ajouter : « et c’est bien le problème ». Pour elle, si on regarde la durée des hégémonies (britannique, espagnole… ) elles ne durent pas plus de quelques centaines d’années. Le dollar finira alors par tomber seul comme un fruit mûr.

La théorie de l’hégémonie

Pour comprendre cette loi américaine et la dépendance au dollar, Agnès Bénassy-Quéré propose la théorie de l’hégémonie. Décrite par Charles Kindleberger, elle dit que quand il y a une puissance hégémonique, la stabilité économique est assurée. Mais pour l’économiste : « une puissance hégémonique en tire profit et fait tout pour que ça continue ». D’où la loi américaine. Un point de vu approuvé par Laurence Daviano : « c’est une manière aussi d’empêcher les concurrents d’aller sur certains marchés ». Il faudrait alors crée d’autres circuits économiques mais c’est compliqué. « Une simple adresse gmail peut être le point d’accroche pour dire qu’il y a les États-Unis dans la transaction et donc elle tombe sous le coup de la loi », révèle Laurence Daviano. Agnès Bénassy-Quéré pointe du doigt la faiblesse des règlements européens qui veulent contrer cet état de fait. Les seules fois où des entreprises américaines ont été sanctionnées, c’est à cause d’un défaut de concurrence et non en représailles des sanctions contre les entreprises européennes.

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