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St François d’Assise : l’amoureux cosmique

Un saint de l’écologie. Saint François d’Assise n’a pas attendu la Cop 21 ou l’encyclique du pape François pour voir dans la nature un formidable équilibre qu’il faut louer et préserver. 

arton222Il est « le patron céleste des écologistes » depuis le 29 novembre 1979, date à laquelle Jean-Paul II avait rencontré les représentants des sociétés protectrices italiennes. Saint François d’Assise, fondateur de l’ordre franciscain, appelait les animaux « frère » et « soeur » parce qu’il considérait qu’ils appartenaient au même rang que toutes les créations divines, à commencer par l’homme. Volonté de réconcilier l’humanité avec tout ce qui a été créé, « le petit pauvre d’Assise » a l’amour cosmique.

Né en 1182 sous le nom de Giovanni di Pietro Bernardone à Assise, en Italie, il est le fils aîné d’une riche famille de drapiers. Son avenir est alors tout tracé, il reprendra l’affaire familiale. Mais François vit une jeunesse débridée où le jeu rythme ses journées de paresse plutôt que de travail. C’est en 1204 qu’il est touché par la grâce. Alors qu’il rêve de devenir chevalier et d’accéder aux rangs de la noblesse, la maladie le cloue longuement au lit. C’est là qu’un songe le pousse à abandonner ses rêves de grandeur. En rentrant à Assise, il abandonne peu à peu camarade de fête et vie de débauche et passe du temps dans les chapelles du Val di Spoleto, chapelles qui tombent peu à peu en ruine.

 

En 1205, il a 23 ans et franchit une nouvelle étape dans sa conversion. Dans la chapelle de St Damien, le Seigneur lui parle et dit « François va, et répare ma maison, qui, tu le vois, tombe en ruine ! « . Prenant les mots au pied de la lettre, il file dans le village voisin acheter tout ce dont il a besoin pour réparer la chapelle, vendant au passage des affaires de son père pour se financer. Ce dernier n’hésitera pas d’ailleurs à lui faire un procès pour le déshériter. Pour échapper à la justice Saint François réclame le statut de « pénitent », ce qui lui vaut d’être reçu par l’évêque d’Assise.

C’est là qu’il dira à son père et face à la foule:  « jusqu’ici je t’ai appelé père sur la terre, désormais je peux dire « Notre Père qui es aux cieux » puisque c’est à Lui que j’ai confié mon trésor et donné ma foi » tout en se mettant nu et en donnant l’argent qui lui restait. L’Église le prend alors sous son aile lorsque l’évêque l’enveloppe symboliquement de sa cape. Il s’éloignera une année d’Assise avant d’y revenir.

C’est trois ans après qu’il comprendra le message de l’Évangile après avoir reconstruit, grâce à la mendicité, trois chapelles. Touché par la lecture de l’évangile de St Mathieu (10; 5-16) il comprend que le Seigneur veut faire de lui un missionnaire, il suivra donc Sa volonté. Partout ou François passe, il proclame que « Dieu est Amour », il soigne ces lépreux qui le dégoutaient tant auparavant. En 1209, il veut rencontrer le pape Innocent III et avoir son approbation pour vivre selon l’Évangile entrainant dans son sillon nombre de femmes et d’hommes qui découvrent le Dieu d’Amour et la vie fraternelle. Saint François aime alors toute chose : les humains, les animaux. Tout ce qui vient de Dieu est reçu comme un cadeau qu’il appelle « frère » et « soeur ». Considéré comme un des premiers précurseurs du dialogue interreligieux, il est aussi un précurseur dans l’écologie. Évidemment il n’est pas question de températures, ou de fonte de glace, mais de louanges. Saint François rendait grâce pour tout ce que Dieu avait créé. Il avait compris, au XIIIème siècle, que le chrétien devait être le jardinier de la Création. À travers son Cantique des Créatures (à découvrir ici), il chante le Créateur de tous les êtres à notre « Mère la Terre », il s’adresse aux oiseaux à l’Alverne et aux loups à Greccio, qui lui obéissent car Lui obéit à Dieu. Le titre de l’encyclique du Pape François a été inspiré de ce cantique de St François dont chaque paragraphe commence par « Laudato Si o mi Signore ».

Saint François d’Assise meurt après avoir porté les stigmates du Christ sur la Croix, laissant une Église plus solide et près de 3000 à 5000 frères franciscains. Il est canonisé le 16 juillet 1228 par le pape Grégoire IX.