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Catastrophe écologique : « Nos générations ne savent plus dans quel monde elles vivent »

Emmanuel Macron a annoncé que le projet d’aménagement de Notre-Dame des Landes était désormais abandonné, de quoi faire applaudir les détracteurs de l’aéroport. Hervé Kempf, journaliste et rédacteur en chef de reporterre.net, nous en parle.

L’affaire Notre-Dame des Landes semble enfin terminée, après des années de conflits entre autorités et défenseurs de l’écosystème de Notre-Dame des Landes. La zone continue d’être occupée par les « zadistes », ces individus qui «essayent de vivre, d’inventer un nouveau monde, dans la sobriété. Ils cherchent à vivre autrement, sans rapport de domination, à l’écart du marché» explique H.Kempf. «Ils veulent vivre à l’écart des règles du monde dont on sait maintenant à partir de l’écologie, de l’analyse économique, qu’elles ne sont pas justes pour la pérennité de la paix ». Il existe une confrontation permanente entre capitalisme et écologie, le premier entraînant la destruction de la seconde. «L’écologie c’est très vivant, ce n’est pas du romantisme, c’est des gens qui s’indignent, se rebellent, voient la destruction du monde et s’y opposent».

Le capitalisme, qui était contrebalancé jusque dans les années 1980 par le communisme (sans pour autant que celui-ci soit reconnu comme bon, précise H. Kempf), a pu totalement exploser après la chute de l’URSS. « Si il y a une telle catastrophe écologique en cours, c’est entre autre parce que nos générations ne savent plus dans quel monde elles vivent, n’ont plus de cadre de référence clair, n’ont plus d’horizon. On est dans un monde fondé globalement par des valeurs matérialistes, où n’est vraiment proposé aux gens que la réalisation d’eux même par l’acquisition de nouveaux bien ». Cette exacerbation du capitalisme, à l’ origine de cette perte de sens, mène donc à un consumérisme dangereux pour la planète. Mais plus encore, il est à mettre en relation avec un autre danger : le radicalisme islamiste. « On ne peut pas comprendre l’émergence du terrorisme extrémiste musulman si on n’évoque pas la quête de sens, l’absence de sens pour une génération, et le fait qu’il y ait sentiment d’exclusion, d’injustice sociale ».

Pourtant, s’il semble que le capitalisme soit foncièrement en désaccord avec la défense de la planète, d’aucuns le considèrent comme compatible avec l’écologie. « Il y a deux courants aujourd’hui : celui que j’exprime avec un double refus du capitalisme et du marxisme, et le courant du développement durable, du capitalisme vert, qui pense pouvoir concilier croissance économique, capitalisme, et préservation de la planète. Ce dernier a les faveurs du pouvoir ».