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Sanctuariser l’enfance ?

Grand Témoin – Louis Daufresne reçoit Jean-Claude Snyders, normalien, agrégé de lettres. Il est l’auteur d’ « Un étrange passé » (Fabert), où il s’interroge sur la relation père-fils.

L’auteur s’est spécialisé dans l’éducation en général et la relation père-fils en particulier. Interrogé sur le contexte actuelle du meurtre d’Angélique, il se prononce pour une étude de l’histoire de criminel pour comprendre. « Si on veut comprendre les crimes, il faut se pencher sur le passé », explique-t-il. Prenant l’exemple de Jacqueline Sauvage qui a tué son mari après des années de sévices, il note que rien n’a été dit sur son « background », ni sur celui de son mari. « On tue parce que symboliquement on a été tué par ses parents dans son enfance. La rancune ne peut pas s’exprimer autrement que par le meurtre », théorise-t-il. Il précise que cela n’excuse en rien l’acte lui-même.

Faire attention à l’enfance

Jean-Claude Snyders demande à ce que la justice d’un côté, et les parents de l’autre, fassent plus attention à l’enfance. Dans les exemples de Francis Heaulme et de Anders Breivik le tueur Norvégien, le rôle du père revêt une influence majeur. Le père du premier l’a humilié et battu et celui du second l’a abandonné « l’enfance est très peu prise en ligne de compte dans les procès et encore une fois il ne s’agit pas d’atténuer les châtiments ». Il se prononce d’ailleurs pour les peines maximales en cas de meurtre d’enfant. Il faut faire attention à l’enfant pour éviter de créer des monstres plus tard« Insister sur la nécessaire dureté à l’égard de l’enfant est une erreur profonde. Je pense qu’il faut une grande indulgence, surtout quand ils sont petits parce qu’ils la méritent et c’est la seule manière de leur donner de la force », analyse-t-il. Ce qui n’empêche pas qu’il « faut parfois l’engueuler », mais sans frapper.