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Trump et le protectionnisme

Donald Trump a augmenté, jeudi 23 mars, le nombre de taxe sur les produits d’importation chinois. Décryptage questionne la prise en compte du coût des mesures de représailles par le président américain.

Anne Toulouse, correspondante de RFI en Amérique du Nord et auteur de « Dans la tête de Donald Trump » et de « Bienvenue en Trumpie » (éditions Stock), tient d’abord à montrer que les Etats-Unis sont dans une phase de croissance, une « fièvre économique ». Le taux de chômage est de 4.1%, l’imposition sur les sociétés a baissé. Près de 1500 réglementations ont été supprimées, notamment en matière d’environnement. Les mesures protectionnistes engendrent une crainte selon l’auteure : « que cela vienne gâcher ce beau climat qui était dû en partie à un mouvement ascendant quand il est arrivé au pouvoir et aussi au bénéfice extraordinaire de sa réforme fiscale ». Bernard René Guillochon, professeur de Sciences économiques à l’Université Paris- Dauphine, explique les mesures de Trump sur deux niveaux : « on a l’impression que Trump est sur deux registres : d’un côté, il essaye effectivement de se dresser contre des comportements chinois peu tolérable et d’un autre point de vue, il essaye de favoriser une part de son électorat ».

Un enthousiasme mitigé

« Les premières réactions du milieu des affaires ne sont pas si favorables que ça, il y a eu un léger décrochage des marchés », analyse Bernard Guillochon. Cela s’explique par le fait que les phases de productions à forte valeur ajoutées, au début et à la fin du cycle de production, restent aux États-Unis. Mais toutes celles de construction sont plutôt faites en Asie.

Une autre source de remise en question des mesures vient de la population qui en profitera. Certes un pan entier de la population plutôt ouvrière en bénéficiera plus que les autres. Mais Anne Toulouse précise : « il a surtout un électorat rural ». Un électorat qui peut se sentir oublié dans les mesures et qui va plus souffrir si les représailles touchent le secteur alimentaire. Quant à savoir si Donald Trump l’a pris en compte, elle répond : «  je ne sais pas ! Là je pense qu’il a fait un calcul électoral ». Mais la méthode Trump consiste à d’abord taper du poing sur la table et ensuite discuter avec les pays. Comme l’a révélé le Wall Street Journal, des négociations auraient lieu en coulisses avec la Chine.