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Réforme de la SNCF va-t-elle faire dérailler le système français ?

Décryptage s’intéresse à la réforme de la SNCF annoncée par le gouvernement et aux pistes envisagées pour la future loi. Vincent Doumayrou, journaliste et auteur de « La fracture ferroviaire » (éditions de l’Atelier) et Philippe Gonçalves, représentant de la CFTC Transport, éclairent le débat.

Le rapport de Jean-Philippe Spinetta a été remis au premier ministre Edouard Philippe le 15 février dernier. Celui-ci a esquissé un premier projet de réforme. Puis Elisabeth Borne, ministre des transports a annoncé deux mois de négociation et trois mois de débat parlementaire. Le monde syndical a rapidement exprimé son hostilité et une grève. « Elle a été annoncée comme une grève sans limite », précise Philippe Gonçalves. « Le gouvernement a réussi à rallier contre lui, même les syndicats prêts à discuter dans l’entreprise », décrit-t-il. Si la manière d’annoncer le contenu de la réforme l’a surpris, le contenu pas du tout. Vincent Doumayrou note qu’il n’est pas étonnant que ce soit une personnalité issue du monde de l’aviation (Jean-Philippe Spinetta est l’ancien P-DG d’Air France KLM) qui soit en charge du rapport. C’est l’argument de son ouvrage « La fracture ferroviaire », ou il indique que la SNCF se comporte comme une compagnie aérienne qui dessert uniquement les grandes villes.

Une exception française ?

Avec la libéralisation du transport ferroviaire en Europe, la question se pose. Pour Vincent Doumayrou, il n’y a pas de réponse affirmative ou négative. Chaque pays est une exception. « C’est un des rares domaines, le transport ferroviaire, ou chaque pays garde sa spécificité, ses choix. L’Union Européenne met des cadres mais c’est un cadre », explique-t-il. Il clarifie d’ailleurs ce qui a été libéralisé : «  pour l’instant ce qui a été libéralisé, ce sont les marchandises et le transport de voyageur internationaux ». Il y a eu une volonté de libéraliser aussi le train de nuit. « Il n’y a pas eu de réponse à l’appel d’offre, surtout au motif que le matériel était tellement obsolète que pas une compagnie privée n’a souhaité coller son image sur nos voitures qui dates des années 60 », révèle Philippe Gonçalves. Même la Transdev, une compagnie de transport en commun qui appartient à la Caisse des dépôts et consignations, a dénoncé le manque de volonté de l’état français sur le dossier.