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Quel avenir pour le Medef ?

Pierre Gattaz va quitter la présidence du Mouvement des entreprises de France (Medef) le 3 juillet prochain. Mais avant de choisir qui lui succédera, il faut réfléchir aux chantiers que doit entreprendre le Medef. Décryptage donne des clefs avec Jean-Marc Daniel et Eric Verhaeghe.

Les patrons français n’ont pas toujours eu le Medef comme syndicat représentatif. Il a succédé en 1998 au conseil national du patronat français, avec une volonté de faire évoluer les cadres et de représenter les entreprises et non plus uniquement les patrons. Le discours devient plus libéral. Mais d’après Eric Verhaeghe, essayiste et journaliste à Contrepoints, ancien membre de l’organisation, le statut quo a été reconduit. « Il y a des questions toujours pas résolus depuis 2007 », révèle-t-il. Si le discours est plus libéral, dans la pratique, il y a un certain conservatisme et volonté d’encadrer la concurrence. « Dans le patronat industriel français, il y a une permanence de la doctrine social de l’Église », indique Jean-Marc Daniel, professeur associé à ESCP Europe et directeur de rédaction de la revue Sociétal. Cela expliquerait la différence entre le discours et les actes du patronat.

La citadelle assiégée

Le Medef paraît peu flexible et enclin au changement car il se met en position défensive. « Le Medef a vécu comme une citadelle assiégée, en défense, considérant qu’a chaque fois il y avait un gouvernement qui n’avait pas une véritable conscience de la réalité des entreprises », analyse Jean-Marc Daniel. Il précise : « le Medef a la conviction que les couloirs des ministères comme à l’Assemblée, il y a des gens qui ne sont pas systématiquement hostile ». L’opposition doit donc changer et devenir force de proposition.