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Patrick Artus : de l’économie et du bien commun

Grand Témoin – Patrick Artus est directeur de recherche et des études de Natixis, professeur à l’école Polytechnique et à l’université Panthéon-Sorbonne. Il publie avec Marie-Paule Virard « Et si les salariés se révoltaient ? » (Fayard).

L’économiste souhaite remettre l’idée de bien commun dans l’économie. C’est-à-dire faire en sorte que la recherche du profit ne nuise pas à la société entière. L’exemple le plus parlant est celui de l’environnement. Si la production le détruit, il faut trouver un moyen de le faire prendre en compte par les entreprises. « Il faut internaliser les externalités », jargonne-t-il. Il faut faire entrer ce coût sur l’environnement dans ceux de l’entreprise. Cela peut passer par une taxe sur les émissions de CO2. Mais là, l’état doit mettre un prix assez élevé pour que cela fonctionne.

Lutter contre un certain capitalisme

L’objet du livre est de faire une critique du capitalisme. « C’est une critique sur une forme de capitalisme, qui est le capitalisme actionnarial, anglo-saxon », explique-t-il. Et de préciser : « il ne faut pas interpréter pour la France des ordres qu’on voit dans le monde anglo-saxon ». Il mentionne par là un écart entre la productivité et le revenu ou le fait que les actionnaires sont de plus en plus rémunérés mais pas ceux qui produisent. « Le danger, c’est que de plus en plus d’entreprises françaises appartiennent à des groupes anglo-saxons. Il est normal que ces actionnaires demandent une gestion dont ils ont l’habitude, qui est une gestion de l’entreprise uniquement au service de la valeur pour l’actionnaire », analyse Patrick Artus. Il juge : « on rentre dans quelques chose qui n’est pas acceptable au niveau de l’économie la plus traditionnelle ». Ce capitalisme anglo-saxon oublie que parfois ce sont les salariés qui prennent des risques et que ceux-ci ne sont pas rémunérés. Le principe de base du capitalisme est pourtant de rémunérer ceux qui prennent des risques. Pour lutter contre ce type de capitalisme il faut trouver d’autres objets à l’entreprise que le seul profit et reprendre le contrôle des entreprises européennes en achetant des actions.