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Vincent Van Gogh à rebours de son image d’artiste maudit

Philippe Delaroche reçoit Wouter Van der Veen, enseignant à l’Université de Strasbourg et spécialiste de la correspondance de l’artiste, et Mélina de Courcy, conférencière au Collège des Bernardins, pour se demander si l’image populaire de Van Gogh correspond à la réalité de sa vie.

Vincent Van Gogh est souvent présenté comme un artiste maudit, pauvre, révolté, grand incompris de son temps. Mais depuis 15 ans, Wouter Van der Veen essaie de remettre en question cette image. Dans son livre « Le capital Van Gogh », il s’efforce de montrer, grâce aux lettres entre l’artiste et son frère, Théo, que la vérité est autre. « Ces deux garçons n’étaient pas des victimes mais des acteurs de leur propre histoire », explique-t-il. Et de continuer : « il y avait un contrat verbal, mais qui a été consigné dans leur correspondance. Vincent faisait les tableaux, Théo était celui qui finançait la production des tableaux. Vincent s’occupait aussi de créer un réseau avec d’autres artistes et avec des collectionneurs pour que cette collection puisse trouver un marché ». On est ici loin de l’artiste constamment pauvre.

Un milieu familial propice

Il est né dans une famille aisée, bourgeoise, protestante calviniste. Son père est d’ailleurs pasteur. « C’est une notion qu’on a pas quand on pense a Van Gogh », soulève Melina de Courcy. Preuve en est : une photo de lui à 13 ans alors que la photographie n’était pas si développée en 1866. « Il a des oncles qui sont déjà dans le métier de l’art », rappelle-t-elle. Cela explique que la première volonté de Vincent Van Gogh est de devenir un grand marchand d’art. Suite à un certain échec, dû à une vision différente du marché de l’art. Il se tourne vers le métier de pasteur. Là encore ça ne fonctionne pas car Van Gogh peine à apprendre les langues antiques et parce qu’il n’arrive pas non plus à capter son audience. « On a un parallèle entre la structure du marché de l’art et la structure de l’église. Ces deux structures ne lui conviennent pas du tout, favorisent selon lui des destins qu’il exècre », analyse Wouter Van Der Veen. « Il veut créer du beau, de la consolation », précise-t-il. Il décide donc de devenir artiste peintre.