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Un Livre, Une Voix : la folle histoire du chevalier d’Eon

Catherine Hermary-Vieille est la papesse du roman historique. Après un roman sur la malédiction des Valois, elle publie « Moi, chevalier d’Eon, espionne du roi » chez Albin Michel.

« C’est un personnage extraordinaire, hors du commun », déclare d’entrée Catherine Hermary-Vieille. Charles-Geneviève-Louis-Auguste-André-Timothée d’Éon de Beaumont, plus connu comme le « chevalier d’Éon » est né en 1728 et est mort en 1810. Entre les deux, il a eu une vie pleine d’aventures et de rebondissements. Espion du roi, il a passé la majorité de sa vie à l’étranger au service de Louis XV. Connu en France pour son ambiguïté sexuelle, qui lui a permis de s’infiltrer dans les cours européennes, l’auteure est allée chercher une image plus véridique dans les biographies d’Outre-Manche. « Ils rétablissent beaucoup plus la vérité d’un personnage complexe », assure-t-elle. Une image plus neutre que celle d’un dérangé ou un loufoque. Catherine Hermary-Vieille a écrit à la première personne, pour mieux entrer dans le personnage.

Au service de sa majesté

Il fait ces débuts à la Cour grâce au prince de Conti. « Il a attiré l’attention du prince de Conti et du duc de Penthièvre parce qu’il avait dédicacé son premier livre à la duchesse de Penthièvre. Son bienfaiteur, c’est Conti », raconte l’auteure. Il part alors pour la Russie avec comme but d’approcher la  tsarine Elisabeth Première et ainsi la convaincre d’une alliance avec la France. Envoyer une femme trop belle aurait rendu la tsarine jalouse et un homme aurait pu être séduit. Ainsi travesti, il va devenir la lectrice de la tsarine. Il va aussi réussir l’exploit de se présenter à elle, habillé en homme sans se faire repérer. Il partira aussi à Londres pour négocier le traité de paix qui met fin à la Guerre de sept ans. Une histoire passionnante.