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L’exposition « Nymphéas – L’abstraction américaine et le dernier Monet » à l’Orangerie

Le 11 novembre 1918, Claude Monet offre à l’Etat français deux panneaux des Nymphéas. « C’est peu de chose, mais c’est la seule manière que j’ai de prendre part à la Victoire », écrit-il à son grand ami Clemenceau. L’exposition « Nymphéas – L’abstraction américaine et le dernier Monet » qui se déroule à l’Orangerie et qui est magnifique, célèbre d’abord le centième anniversaire de ce don.


Mais son sujet est surtout de mettre en regard les œuvres de treize grands peintres américains de l’après-guerre (Newman, Pollock, Rothko, Mitchell, Francis, etc.) avec les Nymphéas, œuvres qui ont d’abord déconcerté la critique qui voyait là l’œuvre d’un « vieillard atteint d’une bonne cataracte »… En 1955, tandis qu’un Nymphéa est acheté par le MOMA, le critique d’art américain Clement Greenberg établit une « filiation stylistique » entre les Nymphéas de Monet et les œuvres beaucoup plus abstraites de la jeune génération d’artistes américains qui monte, nommée « expressionnistes abstraits » voire même « impressionnistes abstraits ! De façon paradoxale, la dernière période de notre plus grand peintre impressionniste sera réhabilitée par les Américains, tandis que Paris va bientôt perdre sa place de capitale mondiale de l’art au profit de New-York… En effet, les Etats-Unis qui ont gagné la guerre se serviront de l’art et de ces jeunes artistes fougueux et talentueux pour les établir sur le marché, étendards de la liberté dans la guerre froide. En visitant l’exposition de l’Orangerie, on est ébloui par les couleurs, les formats, la modernité, la force des toiles des peintres américains qui sont accrochées, au milieu desquelles des Nymphéas de Monet, dans de grands cadres dorés, trônent en majesté.

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