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Kupka au Grand Palais : une oeuvre radicale

Ceux qui ne connaissent pas l’artiste tchèque František Kupka ont jusqu’à fin juillet pour se rendre compte de son œuvre dans la rétrospective imposante qui vient de s’ouvrir au Grand Palais.

affiche_kupka_sanslogoItinéraire fascinant de ce peintre né en Bohème en 1871, qui fit ses études d’art à Prague puis à Vienne et qui, attiré par les feux de Paris, y arriva en 1896. Kupka ne quitta plus Paris où il fit toute sa carrière et où il mourut en 1957. Kupka, très intellectuel et grand théoricien de l’art, fut au bon endroit et au bon moment. En effet, Paris était dans cette première moitié du XXeme siècle le centre du monde pour les arts, creuset de multiples mouvements dont le cubisme initié par Picasso et Braque. D’abord dessinateur et illustrateur pour de nombreux journaux satiriques, Kupka se consacre bientôt à la peinture. L’exposition montre d’abord des tableaux figuratifs et des autoportraits d’une grande virtuosité. Puis c’est le basculement total dans l’abstraction vers 1910. Curieusement, au même moment, Kandisnky et Mondrian, eux aussi de passage ou vivant à Paris, font pareil. Tous ces artistes qui exposent dans les mêmes salons se connaissent, se fréquentent, et on imagine bien l’influence des uns sur les autres. Mais l’abstraction est surtout une nouvelle donnée des temps modernes, sans doute aussi annonciatrice du premier conflit mondial qui ravagera bientôt l’Europe. Après la guerre, Kupka continue ses explorations, faisant par exemple correspondre peinture et musique. L’œuvre est radicale, Kupka est certainement l’un des pionniers de l’abstraction, mais en prenant l’exposition à contre sens, on regrette parfois la grande sensibilité des œuvres figuratives…