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Jean Fautrier, matière et Lumière au Musée d’Art Moderne

Depuis le 26 janvier 2018, le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris rend hommage au peintre français à travers une grande rétrospective.

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Jean Fautrier (1898-1964) est un peintre inconnu du grand public et de beaucoup d’amateurs d’art. Pourtant, il fut une sommité de l’art français dans les années d’après guerre jusqu’à obtenir le Grand Prix de peinture de la Biennale de Venise en 1960, la récompense la plus élevée pour un artiste à l’époque. Le musée d’art moderne de la Ville de Paris lui consacre actuellement une imposante rétrospective sous-titrée « Matière et lumière ». La matière est en effet l’obsession de Fautrier : il invente une nouvelle façon de peindre, travaillant à l’horizontal sur une feuille de papier sur laquelle il dépose un enduit blanc qu’il colorie de pigments pour parvenir à des compositions singulières, plutôt abstraites, qu’on appelle aussi « art informel ». De cette manière, il crée la série des « Otages » qui le rend célèbre en 1945, notamment par le catalogue de l’exposition préfacé par Malraux. La lumière fut la quête de Fautrier tout au long de sa vie, lui qui commença par une œuvre très sombre, voire noire, reflet d’une enfance blessée par la perte de son père et d’une grand-mère qui l’avait élevé et qu’il adorait. L’exposition montre avec brio le parcours singulier d’un peintre qui fut très jeune à contre courant et qui, en disant « la peinture, je ne sais pas pourquoi je la fais », témoigne du dépassement de soi qui caractérise les grands artistes.