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Foujita mis à l’honneur au Musée Maillol

Surexposition s’intéresse cette semaine au peintre franco-japonais Tsugouharu Foujita. Ses productions des années 20 sont exposées au musée Maillol. Stéphane Coviaux, historien de l’art au collège des Bernardins, présente le peintre.

Tsugouharu Foujita est né en 1886 à Tokyo dans une famille noble. Son père médecin, voyage beaucoup dans les colonies coréennes du Japon. Il vit donc une vie bourgeoise traditionnelle japonaise. Il faut aussi comprendre le contexte historique pour comprendre une éducation plutôt ouverte. « Il y a une date fondamentale dans l’histoire du Japon qui est 1853 avec le début de l’ère Meiji et l’ouverture subite et brutale tous azimuts du Japon aux influences occidentales », explique Stéphane Coviaux. Cela touche tous les domaines, dont les arts. Foujita intègre les Beaux-Arts de Tokyo. « On a formé les japonais à la pratique de l’art occidental. Quand Foujita est aux Beaux-Arts à partir de 1900, on apprend à peindre à la manière de l’école de Barbizon », continue-t-il. Cela donnera son style : une peinture réaliste, vaguement impressionniste avec la tradition nippone.

Une vie de voyage

En 1913, il débarque à Paris dans le quartier de Montparnasse. Dès le soir de son arrivée, il rencontre Pablo Picasso. « Il sait que c’est à Montparnasse qu’il veut aller, et il a déjà entendu parler des personnes qu’il va rencontrer », indique Stéphane Coviaux. L’exposition du Musée Maillol retrace cette vie des années 20. Il voyage aussi en Angleterre, à Londres. Il partira en Amérique latine pendant la Grande Dépression, puis il retournera au Japon en 1939. Peintre des armées japonaise pendant la Seconde Guerre Mondiale, cela lui causera des problèmes à la fin du conflit. Après un passage à New York, il finira sa vie en France, dont il obtiendra la nationalité en 1955. Converti au catholicisme, il prendra le prénom de Léonard. Il décède en 1968. Depuis 2003 il repose dans la chapelle Foujita à Reims. Celle-ci a été peinte par lui.