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« Picasso, bleu et rose » au Musée d’Orsay

L’exposition « Picasso, bleu et rose » qui vient de débuter au musée d’Orsay est splendide ! À ne manquer sous aucun prétexte.


Sans doute ne reverra-t-on jamais plus à Paris autant de chefs d’œuvre des périodes bleue et rose de l’artiste, qui sont éparpillés à travers le monde, entre collections privées et musées, assez peu en France au musée Picasso . Ainsi « La vie », œuvre emblématique de la période bleue, ou « L’enfant au pigeon » qui est entre des mains privées, ou encore « Les pierreuses au bar » du musée d’Hiroshima.

Pour la première fois aussi sont présentées dans la continuité les deux premières périodes de l’artiste (qui a entre 19 et 25 ans !) alors qu’elles sont souvent dissociées. Et puis, avant la révolution du cubisme qui déconstruit la figure humaine, on sent à travers ces œuvres un Picasso très humain, très sensible. Celui-ci dit qu’il n’aurait jamais peint en bleu sans le suicide de son ami intime, le peintre catalan Casagemas. S’en suit une longue série de tableaux bleus où Picasso explore la misère humaine (1901 – 1904). À partir de 1905, les tableaux commencent à se teinter de couleurs plus chaudes, rosées, orangées. Picasso vient de s’installer dans un nouvel atelier au Bateau-Lavoir. Il est entouré d’amis poètes et artistes, comme Apollinaire ou Max Jacob. Il fréquente le cirque Medrano, d’où la série des saltimbanques. Fernande Olivier devient sa compagne. Les riches collectionneurs américains Stein et russe Chtchoukine lui achètent des tableaux. Picasso est moins aux abois, la vie devient plus rose…