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L’exposition Miro au Grand Palais

Joan Miro (1893-1983) n’est pas un artiste facile à appréhender : trop symbolique, trop surréaliste, trop abstrait peut-être, pour nous qui cherchons souvent à nous raccrocher à des représentations.

Son univers de signes déconcerte souvent car s’ils semblent au premier regard enfantins, on en comprend mal le sens. Avec plus de 150 tableaux, la rétrospective Miro qui vient de s’ouvrir au Grand Palais, orchestrée de main de maître par Jean-Louis Prat, donne des clés pour mieux entrer dans le monde de l’autre géant catalan, avec Picasso. Notamment, parce qu’on découvre un Miro d’abord très figuratif, influencé par de multiples peintres, les fauves, Cézanne, etc. Et puis, tout à coup, c’est le basculement. Miro passe à une peinture épurée, allusive, presque vidée. Entre temps, il est arrivé à Paris, ville lumière (1920), il a rencontré de nombreux poètes, écrivains et artistes (Breton, Eluard, Tzara, Leiris, Jacob, Masson, Aragon). Dans l’exposition, un cartel donne une explication limpide : « La réalité visible n’est plus le modèle de Miro. Les éléments du réel se métamorphosent désormais en un système de signes. L’imaginaire se déploie pour se substituer à la représentation du réel ». Puis s’ensuivent des séries magnifiques comme par exemple les « Paysages imaginaires » de 1927, les « Constellations » de 1939-41, les immenses toiles sur fond bleu de 1961. Sans ambiguïté, Miro parle ainsi de la joie qui habite son travail : « Le surréalisme m’a permis de dépasser de loin la recherche plastique, il m’a mené au cœur de la poésie, au cœur de la joie : joie de découvrir ce que je fais après l’avoir fait, de sentir gonfler en moi, à mesure que je peins un tableau, le sens et le titre de ce tableau ».