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Essentiel : Tristan et Isolde à l’Opéra de Paris Bastille

L’opéra de Wagner, Tristan et Isolde,  est revenu à l’Opéra Bastille dans une production qui a maintenant 13 ans. Louons cette initiative qui démontre régulièrement l’intérêt intemporel des plus grands opéras interprétés avec suffisamment d’atouts pour revenir pendant de nombreuses années sur scène.

Cette production, il y a treize ans était l’événement de l’année avec une mise en scène de Peter Sellars illustrée par les célèbres vidéos de Bill Viola. La création vidéo avait, en son temps, entraîné un petit scandale avec de violentes protestations de la part des spectateurs. Aujourd’hui, seul le premier acte suscite un mouvement de réprobation bien justifié : ( un homme et un femme se déshabillent dans une grande lenteur jusqu’à se retrouver complètement nus avant de recevoir l’onction purificatrice; les deux individus, étant d’une laideur ingrate, concentrent sûrement une symbolique éternelle qui échappe au commun des mortels ..) mais les années passant après plusieurs reprises de cette mise en scène, on trouve très judicieuses les superbes images des second et troisième actes, en parfaite adéquation avec le dénuement complet de la mise en scène de Peter Sellars.

Le miroitement de la mer, le souffle du vent dans les branches, l’incandescence des flammes, entourent merveilleusement le couple illustre qui, dans une gestuelle complètement épurée, vit le drame fatal de cet amour interdit. Rien sur le plateau, à part ces personnages, victime d’un destin qui leur échappe et qui vont jusqu’au bout de leur passion mortelle. Impassibles, dans une attitude hiératique, ils expriment le lyrisme amoureux, la fureur, la colère, le désespoir. Cela grâce à la somptueuse musique de Wagner. Aussi faut il être capable de réunir les quelques rares chanteurs qui ont la puissance, le souffle, l’endurance, avec la beauté de la voix en prime, pour ces rôles écrasants !   Alors on pense avec nostalgie à certaine Isolde dans cette même production comme Waltraud Meier (en 2005 puis 2008) et à d’autres chanteurs… Ici Martina Serafin  (Isolde) a une voix de guerrière qui ne faiblit pas mais elle manque  de velouté, d’émotion, et les aigus sont souvent stridents. Le Tristan, Andreas Schaer assure une vaillance étonnante dans ce rôle épuisant, mais, ce soir, là le charisme était absent. Heureusement la détresse du roi Marke interprété par René Pape nous bouleverse ainsi que  Brangaine  (Ekatinara Gubanova ) et le Kurwenal de Matthias Goerne. La magnificence de la  musique de Wagner embrase l’orchestre de l’opéra de Paris dirigé par Philippe Jordan.

Malgré la déception due à certains chanteurs, la production de ce Tristan reste un événement musical inoubliable que le public applaudit avec ferveur et enthousiasme.


Prochaines représentations à l’Opéra Bastille : 27 septembre, 3, 6 et 9 octobre à 18h ; 30 septembre à 14h.


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