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Louis IX, un roi empreint de sainteté

Blanche de Castille, sa mère, l’éleva tout petit sur le chemin de la sainteté. Un chemin que Louis IX a continué de suivre lorsqu’il est devenu roi de France, faisant de lui un exemple à travers l’Europe.

Saint Louis régna pendant 43 ans. De la branche capétienne, il est le deuxième fils de Louis VIII et de Blanche de Castille. Louis IX doit beaucoup à sa mère. C’est elle qui forge le caractère du jeune Saint Louis en lui donnant une éducation très stricte et en devenant son tuteur spirituel, se montrant intraitable en ce qui concerne les préceptes de l’Eglise. Princesse espagnole, nièce de Richard Coeur de Lion et petite fille d’Aliénor d’Aquitaine, Blanche de Castille est  une femme au tempérament bien trempée et qui a d’immense ambition pour son fils :  qu’il devienne un grand roi de France et pourquoi pas un Saint. C’est sa piété qu’elle va transmettre à Louis, elle est d’une grande exigence avec son fils comme le rapporte le biographe de Saint Louis, Jean de Joinville, lorsqu’elle s’adresse à lui : « Mon fils,  je vous aime énormément mais je préférerais vous voir mort à mes pieds plutôt que de vous voir commettre un seul péché mortel« .

Le jeune Louis est baptisé juste après sa naissance dans la collégiale de Poissy, où le baptistère est encore visible. Au Moyen Âge, la mortalité infantile est telle que le baptême est la première urgence. Les historiens ne connaissent que très peu de choses des premières années de Louis IX car ce n’est pas l’aîné de la fratrie, il devient l’héritier de la couronne à 4 ans, à la mort de Philippe, son frère aîné. Comme tout futur chevalier, il apprend le maniement des armes mais il est également éduqué par un précepteur, car on considère que l’éducation est primordiale si l’on veut éviter cette célèbre maxime de l’époque « un roi illettré n’est qu’un âne couronné « . 

Autre influence très importante, celle de son grand-père Philippe Auguste. Toujours monarque pendant les jeunes années de Louis. Connu pour avoir multiplié, par quatre, la surface du Royaume de France, lui proférant sa puissance de l’époque. Il va apprendre à Louis IX, comment gouverner un royaume et y consacrer les deux dernières années de sa vie. Puis c’est au tour de Louis VIII, père de Saint Louis, de monter sur le trône, pour 3 ans. Pour les historiens, c’était aussi un modèle d’homme pour le futur saint. 

Louis VIII le Lion, son père, décède lorsqu’il a 12 ans en revenant de croisade contre les Albigeois. Il doit alors monter sur le trône mais il est bien trop jeune pour gouverner seul. C’est Blanche de Castille qui va réussir à convaincre les conseillers de son défunt mari, pour qu’elle devienne gardienne du Royaume de France jusqu’à ce que Saint Louis soit en âge de le devenir à son tour. Une fois la régente désignée, il faut aller très vite parce que les barons sont prêts à fomenter un coup d’état pour l’écarter. Louis IX est alors sacré le 29 novembre 1226 en la cathédrale de Reims. 

 « Si je dépense beaucoup d’argent quelquefois, j’aime mieux le faire en aumônes faites pour

l’amour de Dieu que pour frivolités et choses mondaines.

Dieu m’a tout donné ce que j’ai. Ce que je dépense ainsi est bien dépensé. » 

L’abbaye de Royaumont, une promesse à son père

Abbaye de Royaumont ©monumentshistoriques
Abbaye de Royaumont/©monumentshistoriques

Dans son testament, le père de Saint Louis souhaite que l’on vende sa couronne et ses bijoux pour construire un monastère dédié à la Vierge Marie. Mais Blanche de Castille préfère confier la construction de l’abbaye  à des moines cisterciens. Il a quinze ans lors de la construction de l’abbaye de Royaumont, il s’investit physiquement sur le chantier allant jusqu’à porter des pierres et harcelant ses petits frères pour qu’ils travaillent durement, en silence et sans repos. Pendant la construction, Louis IX prend ses repas comme tout le monde, au milieu des frères cisterciens allant jusqu’à servir les moines et les pauvres à table. La légende raconte que le roi aurait voulu laver les pieds des moines de l’abbaye dans le cloitre. C’est l’abbé qui l’en empêcha, jugeant indigne d’un roi de laver les pieds. Saint Louis prie jusqu’à huit heures par jour, mettant le chant au cœur de sa pratique religieuse. C’est également le premier à obtenir d’un pape un confesseur particulier. D’ailleurs après chaque confession, il se flagelle. Ses traces sont encore visibles sur la sainte chemise exposée à la cathédrale de Notre Dame de Paris, s’inspirant de la Passion du Christ. 

Mais la radicalité de sa foi sera plus visible en grandissant. Il donne aux pauvres, se dépouille de ses richesses : « Si je dépense beaucoup d’argent quelquefois, j’aime mieux le faire en aumônes faites pour l’amour de Dieu que pour frivolités et choses mondaines. Dieu m’a tout donné ce que j’ai. Ce que je dépense ainsi est bien dépensé. » Mais ses grands yeux bleus et sa tignasse blonde sont parfois enclins à de grandes colères dès que l’on bafoue la parole de Dieu et sa dureté est sans égal contre les blasphémateurs. 

Il épouse Marguerite de Provence le 27 mai 1234. Là encore, la légende dit que la toute jeune reine aurait raconté à Guillaume de Saint-Pathus, son confesseur et confident que le roi aurait passé ses trois premières nuits de jeune marié à prier, respectant ainsi les trois « nuits de Tobie » recommandées par l’Église. Ils formeront tous les deux, un des couples les plus puissants d’Europe.  Plus tard, Saint Louis se démarque par son grand sens de la justice et son attachement à la droiture, se laissant guider par le message du Christ. En 1238, il rachètera la sainte couronne d’épine à des vénitiens, une couronne visible tous les vendredis à la Cathédrale de Notre Dame. Il acquiert d’autres reliques et construira la Sainte Chapelle pour abriter tous ces trésors.

 Célèbre pour rendre la justice sous un chêne, il va réformer le système judiciaire, atténuant les excès de la féodalité au profit de la notion de bien commun et s’inspire des valeurs du christianisme. Le Royaume de France se transforme en monarchie moderne puisque désormais le roi est chef d’état et entretient des rapports personnels avec ses sujets. Le roi Louis apaise aussi les tensions avec Henri III mettant fin à de vieux conflits entre Capétiens et Plantagenêt. Des princes et des Rois d’Europe le consultent comme arbitre dans les conflits. Le Royaume de France est prospère et en paix. Temps d’épanouissement intellectuel et culturel, c’est aussi le temps des cathédrales. Les trois quarts des trésors gothiques d’aujourd’hui sont arrivés à maturité au temps de Saint Louis : Notre Dame de Paris, Saint-Denis, Reims, le lancement de la cathédrale d’Amiens, l’achèvement de celle de Chartres. 

Revenu malade, après une campagne militaire, il est miraculeusement guéri et veut partir en croisade. La dysenterie, le typhus et le scorbut auront raison de son armée. La 8 ème croisade sera également un échec. Saint Louis mourra à Tunis le 25 août 1270. Sa fidélité à la chrétienté, sa vie exemplaire, les efforts qu’il déploya pour arracher aux sarrasins le tombeau du Christ lui valurent d’être canonisé en 1297. Louis IX a été canonisé seulement 30 ans après sa mort, laissant à ses successeurs un cadeau inestimable : le prestige d’une ascendance sacrée qui va rejaillir pendant cinq siècles sur toute la monarchie française.