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Le Pape s’apprête-t-il à ouvrir la prêtrise aux hommes mariés ?

L’annonce par le Pape François d’un prochain synode sur l’Amazonie en 2019 ne serait-elle pas une façon habile de provoquer un débat sur l’ordination d’hommes mariés ? Maxime Dalle et deux prêtres en discutent dans Ecclesia Magazine.

Avec : P. Jacques Mérienne, vicaire à Saint-Eustache

Gaulthier de Chaillé, vicaire de la paroisse de Versailles et membre du Padre Blog

 

father-873830_960_720Avec l’annonce du Synode d’octobre 2019, le célibat des prêtres refait l’actualité : « il y a comme toujours une bulle médiatique sur la question », remarque le père Gaulthier de Chaillé. Mais c’est aussi « une occasion de réfléchir à nouveau, de permettre aux fidèles de comprendre » ce qu’il signifie réellement.

« L’Eglise n’est pas construite sur le célibat. Le célibat est une conséquence, un appel pour que l’Eglise puisse remplir sa propre mission », souligne le père Jacques Mérienne.

Alors pourquoi l’Eglise de Rome a-t-elle choisi cette discipline, qui n’est pas obligatoire dans les Eglises catholiques orientales ou grecques ? Un choix « bâti sur la tradition des pères et sur leur réflexion progressive »,  montrant « qu’il y avait un bien-fondé à donner toute sa vie au Christ et à l’Eglise sans la donner de manière particulière à certains », explique le père de Chaillé.

Le père Mérienne met en avant « la dimension prophétique » du célibat, qui est « un choix d’avenir » dont le prêtre doit être capable de témoigner. « Le but de la vie n’est pas dans cette vie-là : nous vivons pour le Royaume », assure-t-il. Il y aussi un « côté révolutionnaire » à dire : « non, ce n’est pas mon plaisir qui sera au cœur de ma vie ».

Gaulthier de Chaillé regrette que le célibat sacerdotal soit  « peu pris sous l’angle de la vie de famille et de l’ancrage de l’homme auprès d’une femme et d’enfants », mais « quasiment exclusivement sous l’angle de la sexualité, du désir sexuel et de la possibilité de l’exercer »« Il faut que chacun comprenne que si on est célibataire, c’est pour se donner totalement à chacun. C’est d’abord cela, et pas une discipline, un empêchement ni un échec. […] Et à nous [prêtres] de transformer ce célibat, non pas en enfermement dans la solitude, mais en capacité à se donner plus à tous. » De cette façon, la « pulsion sexuelle est une énergie qui doit être sublimée dans l’action et dans la mission. La tradition millénaire de l’Eglise le prouve ». Bien sûr, il y a eu, il y a encore des menteurs, des imposteurs, des traîtres, « mais aussi de grands saints qui ont vécu leur célibat comme un lieu de grâce, parce que c’est une blessure qui permet à la grâce de Dieu de passer ».

Pour en savoir plus, écoutez l’intégralité de l’émission :

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