le direct Musique sacrée

Le Pape François en Colombie avec un message de réconciliation

 Le pape François est attendu le 6 septembre en Colombie, porteur d’un message de réconciliation dans un pays profondément divisé après l’accord de paix signé entre le gouvernement et la guérilla des Farc, qui a mis un terme au plus vieux conflit d’Amérique latine.

« C’est vrai que le pape arrive dans un pays très divisé, mais il sait que tous les Colombiens aspirent à la paix, une paix à l’enseigne de la solidarité et de la justice », a indiqué à l’AFP Mgr Octavio Ruiz, un archevêque colombien qui accompagne François en Colombie.

Ce déplacement, annoncé en mars dernier, intervient à un moment critique dans l’histoire de la Colombie après la signature l’an passé d’un accord de paix. Le gouvernement colombien et la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes) ont signé le 24 juin, à La Havane, un accord historique sur un cessez-le-feu définitif et le désarmement de la rébellion, levant le dernier obstacle à un accord de paix après un demi-siècle de conflit.

Celui-ci, le plus ancien des Amériques, a impliqué plusieurs guérillas depuis les années 1960. Il a fait au moins 260.000 morts, plus de 60.000 disparus et 6,9 millions de déplacés internes. Sur le thème « faisons le premier pas », le pape argentin, qui a toujours appuyé les négociations de paix, espère convaincre le peuple colombien de rompre avec son passé de violences et de s’engager de manière active à construire la paix.

Le souverain pontife argentin, dont le voyage se terminera le 11 septembre, s’arrêtera dans les villes de Bogota, Villavicencio, Medellin et Carthagène. Pendant quatre jours, le Saint Père, célébrera plusieurs messes, s’entretiendra avec les autorités mais surtout il rencontrera victimes et acteurs de la guerre civile colombienne, qui a ravagé le pays pendant plus de cinquante ans.

Le premier pas

« Faire le premier pas signifie reconnaître la souffrance des autres, pardonner à ceux qui nous ont blessé, se rencontrer à nouveau en tant que Colombiens, comprendre la douleur de ceux qui ont souffert, soigner notre coeur, découvrir le pays qui se cache derrière les montagnes et construire un pays en paix », a expliqué Mgr Fabio Suescún, responsable du comité en charge de la préparation de ce voyage.

Le pape François, âgé de 80 ans, qui vient d’annoncer un autre voyage délicat pour la fin de l’année, en Birmanie et au Bangladesh, se présente en Colombie comme un médiateur, disposé à écouter toutes les parties après avoir échoué à réconcilier en décembre le président colombien Juan Manuel Santos et son prédécesseur Alvaro Uribe, farouche opposant aux accords de paix. Jorge Bergoglio avait d’abord reçu les deux hommes séparément au Vatican, puis il avait organisé une audience commune de vingt-cinq minutes, sans toutefois aplanir leurs différends.

Il espère mobiliser les catholiques en béatifiant lors de ce voyage deux prêtres, victimes de la guerre civile.

Menacée par la croissance des églises protestantes, l’église catholique cherche à regagner du terrain à l’occasion de cette visite qu’elle a voulue joyeuse et positive en adoptant notamment un hymne mêlant rap, pop et musique typique, sur des paroles rendant hommage à la paix. Le pape rencontrera le président Santos, prix Nobel de la paix, et d’autres responsables colombiens, ainsi que de l’Eglise catholique locale. Trois papamobiles seront mises à sa disposition, fabriquées sur place, et sans vitres blindées pour respecter son souhait d’être au plus près des fidèles.

Jésuite lui-même, le pape François rendra hommage à Carthagène au grand défenseur des esclaves, le saint jésuite Pedro Claver, figure emblématique du christianisme au XVIIe siècle.François sera le troisième souverain pontife à se rendre en Colombie après Paul VI en 1968 et Jean Paul II en 1986.

Le souverain pontife argentin, dont le voyage se terminera le 11 septembre, s’arrêtera dans les villes de Bogota, Villavicencio, Medellin et Carthagène. Pendant quatre jours, le premier pape latino-américain, célébrera plusieurs messes, s’entretiendra avec les autorités mais surtout il rencontrera victimes et acteurs de la guerre civile colombienne, qui a ravagé le pays pendant plus de cinquante ans.

Avec l’AFP