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De retour d’Alep, ils témoignent

Mgr Éric Aumonier, évêque de Versailles, et Marc Fromager, directeur de l’AED étaient en Syrie du 23 au 26 octobre dernier. Radio Notre-Dame leur a donné la parole après ce court voyage.

International_Mine_Action_Center_in_Syria_(Aleppo)_45« Alep Ouest a été bombardée, et de Alep Est, il ne reste presque plus rien », a pu constater Mgr Aumonier, premier évêque français à se rendre en Syrie depuis la fin des combats. En décembre dernier s’est en effet terminée la bataille d’Alep, mais la deuxième ville du pays reste ravagée par la guerre.

« Dans Alep Ouest, la vie reprend, on commence à nettoyer » des rues jonchées de gravats et de carcasses de véhicules. « On voit surtout des soldats, des gens des milices, quelques commerçants », indique l’évêque de Versailles, mais « on sent aussi que la sécurité n’est pas complètement revenue ».

« Aujourd’hui c’est un grand champ de ruines », constate également Marc Fromager. « Toute la ville n’est pas détruite mais des quartiers entiers sont rasés », cela donne « une sorte de spectacle apocalyptique ».

cour-intc3a9rieure-carmel-alepAu milieu des ruines, un lieu de résistance et de prière : le carmel

Un lien d’amitié et de prière unit Mgr Aumonier et son diocèse au carmel d’Alep. La visite était donc faite « de reconnaissance et de gratitude » pour leur prière. « J’y allais pour rencontrer et remercier le carmel d’Alep. Les carmélites sont restées pendant toute la guerre », souligne l’évêque.

« Elles avaient la possibilité de quitter la ville pendant la guerre, elles sont restées », remarque également Marc Fromager. « C’était très émouvant de prier avec elles ».

Une population éprouvée mais courageuse

D’autres rencontres ont marqué ce séjour : avec Mgr Mario Zenari, nonce apostolique à Damas, Mgr Jeanbart, archevêque grec-catholique melkite d’Alep, des religieuses missionnaires franciscaines de Marie, et bien sûr des civils.

Tous « ont été très touchés de cette visite, car il y a le désir de faire comprendre la situation qu’ils sont en train de vivre ».

« Je suis heureux d’avoir pu faire ce voyage », confie Mgr Aumonier, et d’avoir « vu le sourire, la simplicité et la dignité de ces chrétiens qui sont pauvres mais dont la seule richesse est le Christ, le Christ ressuscité qui vit en eux ».

Hommes, femmes et enfants « ont lutté pour leur survie, maintenant ils luttent pour vivre », résume l’évêque de Versailles. Marc Fromager a lui aussi perçu l’« enfer enduré par les habitants durant ces années ».

Deux questions restent sans réponse

Deux défis demandent désormais des actions concrètes sur le plan économique, social, politique : les réfugiés au Liban ou ailleurs vont-ils être autorisés à revenir et vont-ils désirer revenir ? Comment faire pour que les cadres ou les élites puissent rester ou revenir ?

  « Il faut beaucoup de générosité, d’amour du pays, de désintéressement personnel pour accepter cela », conclue Mgr Aumonier.

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