le direct Musique sacrée

Le renouveau charismatique a 50 ans

Issu du pentecôtisme, le renouveau charismatique célèbre cette année son 50ème anniversaire. Parfois incompris, souvent contesté, le mouvement questionne ou séduit. A cette occasion, Louis Daufresne recevait ce matin Victor Loupan, Antoine Nouis et Patrice de Plunkett pour Le Grand Débat.

8676844« Je dois beaucoup au renouveau charismatique et plus précisément à l’Emmanuel ». Patrice de Plunkett inaugure le débat avec une expérience personnelle, celle de sa reconversion. Au lendemain de mai 68, le journaliste entame une véritable « traversée du désert spirituel ». Selon lui, l’histoire a trop souvent tendance à accuser le Concile d’être à l’origine de ce dessèchement spirituel en France. 15 ans plus tard, dans le cadre professionnel, Patrice de Plunkett est envoyé à Paray-le-Monial pour une session d’été de l’Emmanuel. « Ce que j’ai vu a été le remède à mes 15 ans d’athéisme », témoigne-t-il.

Ce renouveau, Antoine Nouis le traduit comme un réveil qui touche désormais toutes les églises au-delà des clivages confessionnels. Un mouvement quasi œcuménique, en outre. « Dans le catholicisme, il y a régulièrement des cycles avec des mouvements de réveils et des mouvements de dessèchement spirituel. Le renouveau charismatique dans les années 70 a été une vague de réveil ».

Victor Loupan n’est pas dans cette mouvance. Pour lui, le renouveau charismatique n’est autre que l’influence protestante sur l’Eglise. « Aujourd’hui, est-ce que cette évangélisation a marché ? », s’interroge-t-il. Comment peut-on célébrer le « renouveau » alors que la déchristianisation en France n’a jamais cessé ? « On en peut pas dire que le renouveau est là ». Le monde change, la société évolue et l’actualité s’empare des questions de chacun : « A l’époque, on ne se posait pas la question de l’islamisme, de l’immigration (…) ». Et si le renouveau avait vieilli ?

Pour Patrice de Plunkett, « ce n’est pas un mouvement de spiritualité qui peut aller contre une vague de déracinement spirituel qui concerne le monde occidental tout entier».  L’erreur se trouve alors dans la confusion entre l’identité et le surnaturel qu’incarne le renouveau charismatique. Sur ce point, la réponse est unanime : « Le christianisme, ce n’est pas une identité. Le chrétien n’a qu’une identité, c’est Jésus Christ ».