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L’exorcisme : fantasme ou réalité ?

Dans Ecclesia Magazine, François Hébert et le père Pierre Deto nous expliquent ce que l’Eglise entend par « exorcisme » et reviennent sur le parcours de foi de celui qui s’engage dans cette démarche.

Qu’est-ce que l’exorcisme ?

L’exorcisme est une prière qui existe depuis les premiers temps de l’Eglise. « L’Eglise, dans son ministère d’accompagnement, exerce le pouvoir même du Christ », explique le père Pierre Deto qui a exercé le charisme d’exorciste mineur, pendant cinq ans en Afrique. « L’exorcisme, c’est l’exercice de la miséricorde de Dieu. C’est un pouvoir que l’Eglise tient du Christ et qu’elle continue d’exercer jusqu’à nos jours ». Tout prêtre est « exorciste mineur » de par son ordination. Conformé au Christ, le prêtre peut soulager les âmes, par une « prière de délivrance ».

Laïc, François Hébert fait partie de l’équipe de l’Accueil Saint-Michel. Basée en Ile-de-France, cette équipe offre un espace d’écoute et d’accueil aux personnes souffrant des maux de l’âme. Dans un occident rationaliste, les personnes sont pourtant « de plus en plus nombreuses à solliciter les services de l’exorciste », ajoute François Hébert. Souvent passées par un suivi psychologique au préalable, ces personnes sont en proie à un mal-être. Ecoute et accompagnement sont parfois suffisants. « L’exorcisme est un chemin de foi » et sur les 2500 personnes se présentant par an à l’Accueil Saint-Michel, l’Eglise ne pratique qu’une cinquantaine d’« exorcismes majeurs ».

L’exorcisme dans l’inconscient collectif

« Il y a beaucoup d’exagération cinématographique autour de l’exorcisme, mais il y a quand même une part de réalité », reconnaît François Hébert. La possession existe réellement. Même s’il demande de ne pas tomber dans l’extrême d’un « pandémonisme » consistant à « voir le Mal partout », le père Pierre Deto n’hésite pas à réaffirmer que « l’une des ruses du Malin, c’est de nous faire croire qu’il n’est pas là ».

Le père Pierre Deto se souvient d’ailleurs d’un « combat très dur », lorsqu’il a présenté le Saint Sacrement à une jeune fille de 12 ans. Au lieu d’embrasser l’ostensoir, ses gestes d’une grande violence tentaient de se saisir du Corps du Christ pour le profaner. Malgré sa force humaine, le prêtre a dû se faire aider, car la fillette démontrait une force colossale. Ses « rires moqueurs » et le fait qu’elle se désigne comme « la reine de la maison » étaient des signes supplémentaires pour comprendre qu’il s’agissait d’un cas de possession par les esprits marins.

L’exorcisme, preuve de l’existence du diable

« Il y a quelque chose de spécial, et ça dépasse l’entendement humain », « lorsque les prêtres sont confrontés à cette réalité, ils ne peuvent qu’être convaincu de l’existence et de la présence du diable sur terre » rapporte le père Pierre Deto. « Dans le rituel officiel, c’est l’Eglise qui prie pour cette délivrance », remarque François Hébert. « Et c’est pour cela que les laïcs sont invités à participer à cette prière ». Participant aux prières d’exorcisme, François Hébert explique combien « il y a, de la part du diable, une jalousie de l’homme », car l’homme a été sauvé. « Souvent, le diable s’attaque aux gens les plus fidèles, les plus proches du Seigneur ».

Pour mieux comprendre, un professeur en spiritualité du père Pierre Deto répétait souvent « Par une petite fissure, la fumée de Satan est entrée dans le temple de Dieu », autrement dit « une petite erreur peut permettre au Malin de faire ses manœuvres en nous ». « Les hommes ont soif de bonheur » disait Cicéron, « mais certains chrétiens partent dans tous les sens » ajoute le père Pierre Deto qui invite à refuser « les portes ouvertes vers certaines pratiques et rituels ».