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Le diable existe-t-il ?

« Satan » serait une figure symbolique pour exprimer le mal. C’est ce qu’a affirmé le père Arturo Sosa, supérieur général des jésuites, dans une interview accordée à El Mundo et dont Le Figaro s’est fait l’écho. Le diable existe-t-il ? Réponses avec le père Bernard Sesboüé, théologien et le père Pierre Deto qui a été exorciste durant cinq ans en Afrique.

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Satan, un symbole du mal ? Des propos qui ne choquent pas du tout le père Bernard Sesboüé : « Ce qui est symbolique existe et peut-être plus fortement », souligne-t-il dans Ecclesia Magazine, « nous avons créé des figures symboliques comme le diable pour exprimer le Mal ». Pour autant, ajoute-t-il, « nous ne pouvons pas nous représenter concrètement la figure du diable ». Quant à sa représentation en individu fourchu, c’est une « représentation exagérée ». Le Mal existe donc bel et bien, répond le père Sesboüé à toutes celles et toux ceux qui en doutent : « Avec la Shoah », explique-t-il, « nous avons connu un débordement du Mal, nous ne pouvons pas prétendre qu’il n’existe pas ».

Béance et acte de liberté

Le père Pierre Deto se réfère quant à lui au texte publié par la Congrégation pour la doctrine de la foi en 1975 « foi chrétienne et démonologie« . « Le diable est un ange déchu », explique-t-il, « la création de Dieu est bonne, mais parce que nous sommes créés par Dieu nous portons en nous une béance… C’est cette faiblesse en nous qui nous fait vaciller entre le bien et le mal ». Et le père Sesboüé ajoute : « Dieu a créé des créatures visibles et invisibles. Elles sont créées bonnes mais elles sont aussi invitées inévitablement à faire un acte de liberté… Chaque être spirituel doit répondre à l’appel de Dieu. Si elle se préfère, par orgueil personnel, à Dieu, dans une certaine mesure elle se détruit… En cela, le diable est une non personne, c’est une sorte d’éclatement de ce que pouvait être une personne. Il avait la possibilité de devenir une personne, il est devenu une contradiction irreprésentable ». Il rappelle également que le tentateur, le serpent de la Genèse, était déjà là avant le péché, « il était déjà celui qui va inscrire une volonté de mal dans l’univers… L’Homme est toujours l’objet de la tentation du Mal, la vie de Jésus est par excellence un grand combat contre le Mal ». L’un des portes d’entrée du Mal ? Ce que le père Pierre Deto nomme « la concupiscence » et ce que le père Sesboüé préfère appeler « un désordre du désir ». « Nous éprouvons un désir que nous n’arrivons pas à maîtriser… La tentation est à la fois extérieure et intérieure ».

« La plus belle des ruses du diable est de vous persuader qu’il n’existe pas » – Baudelaire

« Le mal est un mystère négatif et opaque que nous n’arrivons pas à pénétrer », répète le père Bernard Sesboüé, « nous ne pouvons pas le comprendre. Vouloir le comprendre jusqu’au bout ce serait vouloir le justifier ». « Il faut aussi éviter le piège du manichéisme », ajoute le père Pierre Deto, rappelant que c’est toute la stratégie du diable : se faire oublier et que l’on ne croit pas en lui.

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