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Entre besoin et désir : Dieu est-il une nécessité vitale ?

« A-t-on vraiment besoin de Dieu ? » telle est la question que Sophie de Villeneuve pose au père Etienne Grieu, jésuite et professeur au Centre Sèvres.

Le désir de Dieu, constitutif de ce que je suis

Aujourd’hui, beaucoup de nos contemporains se disent indifférents à Dieu, car « n’en éprouvent pas le besoin ». Or, pour le père Etienne Grieu, la question ne se pose pas dans ces termes. Il s’agit davantage d’un « désir ». « Les grands théologiens disent qu’en tout homme, il y a un désir de Dieu ». Ainsi, saint Augustin disait « Tu nous as fait pour Toi Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu’il ne repose en Toi ».

La discrétion de Dieu, gage de notre liberté

Bien sûr, on peut être non-croyant et vivre une vie juste et droite. D’ailleurs, « l’action fraternelle, l’humanitaire, des engagements comme ceux-là où il y a le tout de notre existence ont une force équivalente au désir de Dieu » exprimé comme tel. En revanche, être capable d’identifier l’origine de ce désir d’infini change tout, car pour le père Etienne Grieu « notre raison d’être, ce qui oriente notre vie au plus profond, est orienté vers quelqu’un », comme si notre vie devenait une réponse à quelqu’un.

Dieu ne s’impose pas. « Dieu peut rencontrer le désir le plus profond de l’Homme, un désir qui lorsqu’il trouve son accomplissement nous met dans une paix profonde ». « Cette relation à Dieu n’est pas exclusive, elle n’empêche pas de rencontrer les autres ». Au contraire, l’expérience avec Autrui n’est pas sans rapport avec Dieu. Comme toute rencontre, il peut y avoir une part de joie, mais aussi de crainte, car « on peut être bousculé ou avoir une mauvaise image de Dieu ».

« Donner du relief à notre vie » : une question d’attention

A la suite de saint Ignace de Loyola, le père Etienne Grieu nous invite à relire chaque journée, « en essayant de repérer les moments heureux, de joie, qui nous ont été donnés ». Ce sont les consolations, en termes ignaciens. De plus, il faut savoir distinguer ce qui relève des combats et obligations nécessaires à la vie, de ce qui est davantage « de l’ordre de la désolation ». Ces dernières choses sont celles « qui nous laissent loin de Dieu et tout seul ». Elles sont repérables, car elles enferment et rendent malheureux.

« Lorsque l’on commence à vivre quelque chose de sérieux avec Dieu, la relation devient extrêmement forte et gratifiante » ajoute le père Etienne Grieu. « Plus on s’approche de Dieu » nous dit-il, « plus on devient nous-mêmes, plus on devient libre ».