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Peut-on échapper à la dictature de la publicité ?

Chaque jour, nous serions exposés à environ 2000 publicités… La multiplication des moyens de communication en est une cause. Qu’en disent les publicitaires ? Arrivons-nous à un effet contre-productif ? Sophie Nouaille recevait hier matin trois spécialistes de la question dans En Quête de Sens.

Les techniques de publicité sont-elles indisciplinées ? C’est toute le problème de l’Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité dont Stéphane Martin est le directeur. Avec le développement des surfaces numériques et la liberté croissante de diffusion des idées, la publicité prend désormais une place considérable au quotidien« Le digital rend ce contrôle compliqué » explique-t-il. « Avec peu de moyens, on peut largement communiquer » et cela nous concerne autant que les communications commerciales. Par le moyen des réseaux sociaux, nous effectuons notre propre publicité. Lorsqu’on cherche un emploi, on se promeut soi-même. Bref, la publicité est partout.

La sensation d’oppression est donc bien réelle. « Cette pression vient de l’infobésité » reprend Stéphane Martin. Internet rend d’autant plus l’accès rapide et direct à l’information que les publicités se l’approprient et s’y installent démesurément. Sur les réseaux sociaux tel que Facebook, c’est une véritable traque : les publicités s’organisent en fonction des mots et des recherches que l’on effectue.

Pour Julien Féré, directeur des stratégies de KR Media et de Maxus, il y a un usage démultiplié de la technologie. Par exemple, une personne peut tout à fait être devant sa télévision, couper le son et mettre celui de la radio tout en consultant son portable entre deux coups d’œil sur l’ordinateur. Nous en faisons-nous esclaves ? « Il faut différencier le contenu publicitaire du contenu informatif » rappelle-t-il justement.

« Il y a désormais plusieurs points de contact, de multiples réseaux sociaux, de plus en plus de consommateurs (…) Il y a une perte d’attention face à cette multiplication des interfaces. On a l’impression que ça a changé mais en réalité ce sont les moyens de communication qui ont changé » Julien Féré

Khaled Gaiji, président de Résistance à l’agression publicitaire, défend quant à lui la liberté de réception. Il condamne et distingue à la fois l’agression quantitative (les messages imposés) et l’agression qualitative. L’espace urbain fait partie de ses champs de bataille. C’est le combat que mène le maire de Grenoble, Eric Piolle, qui a fini par supprimer la totalité des panneaux publicitaires de sa ville.

« C’est le choix de la société de vouloir cette liberté », conclut Stéphane Martin en rappelant que « la publicité a amené la liberté », « il faut savoir s’adapter (…) nous sommes libres » .