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Ludivine et Christophe Le Monnier : « une France sans agriculteurs est une France qui meurt »

A dix jours du Salon de l’agriculture, Ludivine et Christophe Le Monnier, agriculteurs du Calvados, témoignent de leur quotidien. Auteurs de l’ouvrage « Le jour où l’on a vendu nos vaches », Christophe est désormais céréalier, et Ludivine accompagne le mouvement au sein des « Foulards noirs », un collectif réunissant les conjoints d’agriculteurs.

Une omerta sur les problèmes rencontrés par les agriculteurs

« Un travail de forçat, pas d’horaires, un métier contraignant sept jours sur sept « , c’est le quotidien de Ludivine et Christophe, des agriculteurs comme beaucoup d’autres en France. En 2015, ce sont 25000 dossiers d’exploitations agricoles qui sont transmis aux cellules d’urgence mises en place par les préfectures.

Les difficultés financières sont monnaie courante pour les agriculteurs français, pris entre l’étau de l’Union Européenne et les intermédiaires qui ne valorisent pas suffisamment l’élevage et le travail de la terre. Christophe préfèrerait « être moins aidé, mais mieux payé pour les produits réalisés ».

Agriculteur, un état d’esprit

L’agriculture chez les Le Monnier, c’est familial, on reprend l’exploitation de génération en génération, « c’est la logique des choses », nous dit Christophe, en amoureux de son métier et de ses bêtes. Pas de vacances, mais son rapport à la terre, aux animaux, est viscéral. Bref, le monde rural est un monde courageux, qui ne se plaint pas. On se contente de ce que l’on a, sans broncher. « 1000 € par mois, c’était juste, mais on y arrivait », confie le couple avec deux enfants. Ils menaient une vie simple, voilà tout. Mais les crises se succèdent, et c’est ce qui pousse les femmes d’agriculteurs à travailler hors de l’exploitation pour compléter le revenu familial. L’idée est donc de continuer à transmettre le métier, tout en se diversifiant pour « s’ouvrir au monde extérieur ».

Présidentielles : un enjeu qui attend des solutions

« Le jour où l’on a vendu nos vaches », un livre pour faire savoir et montrer l’envers du décor. Le constat n’est pas nouveau : le monde rural n’est pas tendre. Même si la ferme était le travail de toute leur vie, « la ferme ne vaut pas une vie », c’est la sagesse des parents de Christophe face au désarroi de leur fils.

Aujourd’hui la formule du « marche ou crève » semble se vérifier de plus en plus. Mais l’individualisme est aussi contrebalancé par une solidarité émergeante face à un vrai besoin de solutions. Pour faire prendre conscience de la réalité terrain, le monde agricole se mobilise et organise des manifestations. Alors des solutions ? La vente directe, l’achat local, tout autant de gestes militants pour soutenir éleveurs et céréaliers français. Une consommation responsable qui permet également d’obtenir des produits de meilleure qualité.

Hélène de Vulpian

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