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Les oraux de concours : comment ça marche ?

Dans En Quête de Sens, Hugo Billard, Jérôme Calauzenes et Robin Morth, viennent nous partager leurs expériences de professeur ou de jury aux épreuves orales des grandes écoles.

« Pas de candidats formatés, mais des étudiants préparés »

C’est la formule de Robin Morth, directeur exécutif de PGE-PGO. Plus de 10000 préparationnaires s’apprêtent à passer les oraux, avec l’espoir d’intégrer l’école de leurs rêves. Il s’agit d’un véritable « tour de France », « agréable, intéressant, mais aussi très fatigant » psychologiquement et physiquement pour des élèves qui sortent de deux, voire trois, années d’apprentissage intense.

Entre oraux de connaissance et oraux de motivation, chaque école peut avoir ses particularités. Quoi qu’il arrive, « on attend que les personnalités ressortent, timide ou pas, le jury va faire en sorte de savoir exactement qui vous êtes » explique Hugo Billard, professeur de Géopolitique en prépa, au lycée Saint-Michel de Picpus. « A Sciences Po ou dans les écoles de commerce, chaque oral commence par une présentation de soi, un exercice qu’il faut savoir faire pour mettre en appétence le jury » ajoute Jérôme Calauzenes, professeur d’Histoire contemporaine à Sciences Po Saint-Germain-en-Laye.

La question piège ?

Que penser de la question déstabilisante qui panique tout candidat ? « L’objectif n’est pas de casser un élève, ce serait totalement contre-productif » affirme Hugo Billard. Mais, « il s’agit de savoir ce que l’élève a dans les tripes ». Obliger l’étudiant à sortir du cadre, le mettre hors de sa « zone de confort », pour appréhender ses réactions au naturel. Lorsque l’étudiant est très bon, nous dit Robin Morth, « on a envie de savoir jusqu’où il peut être bon ». Le pousser dans ses retranchements permet alors de définir « s’il aura 17, 18, 19 ou 20 ».

« La vivacité d’esprit », c’est ce que recherchent également les écoles. Jérôme Calauzenes cite en exemple l’oral de Sciences Po Paris dans lequel le jury peut présenter un document surprise au candidat et où « en dix secondes pas plus, il faut dégager deux ou trois grands axes ». Tout le monde a sa chance. Hugo Billard confirme, « on fait appel à une culture, mais pas forcément à une culture héritée, c’est une culture qui s’acquiert au fur-et-à-mesure de l’expérience et là, la classe prépa est très formatrice », car « elle demande une disponibilité d’esprit permanente pour apprendre ».

Alors, y a-t-il un « bon » profil ?

« En entretien de motivation, il n’y a pas une bonne réponse », de même « il y a pas non plus un format d’étudiant par école » explique Robin Morth, car la richesse d’une école réside dans la variété des cursus et des personnalités de ses étudiants. Néanmoins, il faut adopter les « codes comportementaux » en usage pour « montrer qu’il y a un respect de l’épreuve et de sa solennité ». « Sourire, dynamisme, enthousiasme, même les timides peuvent y arriver ! » encourage Hugo Billard. Soigner la forme, pour faire passer son message.

« Un bon oral est un oral guidé par l’étudiant » renchérit Jérôme Calauzenes. « Le jeune lance des perches et le jury s’en saisit pour tirer le meilleur de l’étudiant ». En revanche, le profil « scout et chef scout » est assez fréquent, prévient Hugo Billard. « Cela ne veut pas dire que vous allez rater votre oral, au contraire. Mais il faut s’en servir intelligemment », pour mettre en avant ce que l’expérience vous a apporté.