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Les Etats-Unis d’Europe : quelle société voulons-nous transmettre ?

« 50% des Français n’iront pas voter ou ne savent pas pour qui voter ». Ce constat appelle une réflexion sur la société et sa structure sur le long terme. Nous en parlons dans Le Grand Témoin avec Patrice Franceschi.

Patrice FranceschiUn constat : déséquilibre et perte de repères

« Contrairement aux apparences, nous enjoindre de vivre ensemble est mauvais signe, c’est une injonction du désespoir. Il vaut mieux dire aux jeunes « Faisons de grandes choses ensemble », ça c’est le signe d’une société qui a encore son énergie vitale, son souffle et de grands projets ».

Patrice Franceschi reproche aux candidats à la présidentielle de proposer des « mesures », mais de n’avoir « aucun projet de société ». Le problème selon lui est de ne pas avoir défini une vision de la société que nous voulons léguer à nos enfants sur une échelle de 50 ans. Tout est fait « sous la pression des intérêts économiques, financiers ou de tel ou tel groupe sociétal ». La politique d’aujourd’hui n’est que la simple reproduction de ce que nous faisons depuis quarante ans, il n’y aura donc aucun changement.

Selon Patrice Franceschi, pour faire avancer le modèle actuel, il faudrait régler trois maux essentiels, à savoir « le primat de l’économique sur le politique », « l’effritement progressif mais inexorable de l’éthique » et « la perte de puissance » des Etats liée à l’Union Européenne actuelle.

Une proposition : les Etats-Unis d’Europe

Patrice Franceschi ne réinvente pas d’idée. Il s’appuie sur Victor Hugo ou Stefan Zweig qu’il qualifie de « visionnaires ». « L’idée est beaucoup plus novatrice qu’on ne le croit ». Dans son ouvrage « Combattre », Franceschi interroge « veut-on donner le primat à la liberté ou à la prospérité ? ». Il n’y a qu’une construction politique de l’Europe – des Etats-Unis d’Europe – qui pourrait faire face aux énormes empires financiers et aux puissances économiques, politiques et militaires qui se mettent en place » ajoute-t-il. « Rien n’est figé, il faut reconstruire la maison autrement, il faut définir les défis qui nous attendent, leur nombre, leur connectivité » sinon impossible de « prendre des décisions correctes sur le temps long ».

« ‘Combattre’ est un livre du sursaut »… L’arme que constitue la démographie pour Erdogan, la liberté des médias face au poids de la publicité ou encore l’appréhension très théorique du monde par nos élites… Autant de questions qui doivent, selon lui, provoquer une prise de conscience.

Une expérience à partager et une prise de position claire

Aventurier de toujours, Patrice Franceschi sait de quoi il parle lorsqu’il évoque l’islam et l’islamisme. Il s’est marié et a porté un nom musulman, s’est battu aux côtés des « combattants de la liberté » en Afghanistan. Aujourd’hui, il affirme que l’islam politique est « le nouveau totalitarisme » et que « nous sommes à peu près comme dans les années 30 avec la montée du nazisme ». « On n’ose pas dire que l’islam politique nous met au défi » et « ne laisse aucun espace de liberté aux gens ». Or toutes les revendications comme « le voile, les cantines, les piscines, sont des provocations directes à notre démocratie, sous prétexte de liberté des uns et des autres ». L’islam politique « s’engouffre à la fois dans le vide spirituel de la religion chrétienne et dans le vide spirituel du consumérisme ». Néanmoins, « il faut séparer ceux qui nous attaquent de ceux qui ne nous attaquent pas, ceux qui sont nos frères depuis longtemps et qu’il faut protéger ».