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La culture : clé de voûte d’une société

François de Mazières, maire de Versailles et passionné de la question culturelle, était l’invité de Louis Daufresne dans Le Grand Témoin. Il vient de publier « Le grand gâchis culturel » aux éditions Albin Michel.

Francois de Mazieres, maire de Versailles et president du musee de l Architecture de Paris. Portrait dans la mairie de Versailles - Chaillot -Credit: © Melanie FREY/ Fedephoto - contact: (+33) 06 12 37 29 57 - Mel@niefrey.com
Francois de Mazieres, maire de Versailles et president du musee de l Architecture de Paris. Portrait dans la mairie de Versailles – Chaillot -Credit: © Melanie FREY/ Fedephoto

La culture : accessible et de qualité

« Ce qui fait que l’homme n’est pas un accident de l’univers, c’est précisément la culture » disait Malraux. De cela, François de Mazières est certain. « Chaque fois que la culture est en danger, les peuples qu’elle est censée guider le sont aussi ». Pour lui, la France manque d’« ambition culturelle ». « Or, il y a une culture française, c’est indéniable et cela fait d’ailleurs partie de notre spécificité ».

Il ne faut pas vivre la culture comme « un instrument politique de séduction ». « La culture est une histoire de conviction, de passion ». A la suite d’André Malraux, des personnages comme Jack Lang ou Jacques Toubon ont œuvré pour « l’exception culturelle française ». Pour François de Mazières, il est important que l’« ambition démocratique » ne sacrifie pas une « exigence de qualité ».

La France et l’Europe

« La force de la culture en France, c’est d’avoir été portée par l’Etat » note François de Mazières. Cependant, la culture est devenue un peu le parent pauvre de la politique, car « ce n’est pas une compétence obligatoire » déplore l’élu.

« Aujourd’hui, l’essentiel de la culture est portée par les collectivités locales ». « Avec le programme de financement des collectivités locales, on voit un risque majeur d’abandon des financements des patrimoines de proximité ». Or, « une chose importante est la continuité, le phénomène d’à-coups dans les subventions publiques est extrêmement dangereux ».

« A l’inverse de l’imprimerie qui a permis la diversité et donc une explosion de la pensée, le numérique fait un peu l’inverse en concentrant la réflexion et la création autour de grands géants ». Le danger des GAFA (Google-Apple-Facebook-Amazon) est d’arriver à cette « maîtrise de tout ce que nous faisons » par la logique des algorithmes qui capte progressivement l’ensemble de nos préférences et réduit ainsi le champ culturel s’offrant à nous. Certes, les GAFA ont participé à la démocratisation de la culture, mais ils sont aussi coupables de « se soustraire aux règles fiscales des pays ». Par conséquent, François de Mazières préconise un « Davos de la Culture » qui s’appuierait sur une équipe européenne, afin d’harmoniser les pratiques.

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Plaidoyer pour une France à la hauteur de son patrimoine

La France est la première destination touristique mondiale ; ce rang, elle le doit à la richesse de son patrimoine. C’est pourquoi, François de Mazières souhaite que les élus et les citoyens puissent « renouer avec une authentique décentralisation » pour leur rendre les moyens de l’action. Dans son ouvrage, il plaide pour garder « un effort raisonnable », mais « constant » en faveur du patrimoine, car « le présent est le patrimoine de demain ».