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Harcèlement des femmes, on fait quoi maintenant ?

Après l’affaire Weinstein, la parole s’est libérée dans le monde entier, en particulier sur les réseaux sociaux. Mais comment passer de la dénonciation à l’action ? Sophie Nouaille et ses invitées en débattent dans En Quête de Sens.

Avec : Odile Chabrillac, naturopathe, enseignante, psychanalyste, auteure et journaliste. Elle vient de publier «Âme de sorcière, ou la magie du féminin» aux éditions  Harmonie Solar.

Géraldyne Prévot-Gigant, psy, auteure, formatrice, créatrice du Groupe de Parole pour les Femmes®, spécialiste de la question amoureuse et de la dépendance affective. Elle vient d’éditer «Les pouvoirs de l’espoir», chez Odile Jacob.

Chloé Ponce-Voiron, représentante de la Fondation des Femmes, réalisatrice, scénariste.

Solen De Luca, journaliste à TV 2000 à Rome, en charge de l’émission hebdomadaire Today, a travaillé à Radio Vatican et La Croix.

CaptureEn France, 20% des femmes et des hommes déclarent connaître au moins une personne victime de harcèlement sexuel dans le cadre de son travail. Une femme sur cinq est confrontée à une situation de harcèlement au cours de sa vie professionnelle. Autres chiffres alarmants : 84000 viols et 220000 agressions sexuelles sont commis chaque année France.

Face à ce phénomène massif, «le fait que la parole se libère nous donne à tous, collectivement et individuellement, la possibilité de transformer ça, de changer la relation et de changer la société », affirme Odile Chabrillac.

Géraldyne Prévot-Gigant reconnaît «une sorte de vague qui libère les femmes ; il semblerait qu’elles s’autorisent à présent à parler, à poser des mots qui sont parfois difficiles à poser, avec la conviction qu’on va pouvoir être entendues et comprises. Quelque chose est en train de se produire au niveau de la solidarité féminine et je trouve cela très beau.»

Une solidarité féminine qui possède toutefois des limites : 90% des plaintes contre le harcèlement sexuel sont classées sans suite. «La société n’était pas capable d’entendre ou ne voulait pas entendre», selon Chloé Ponce-Voiron, qui s’interroge : «Maintenant, qu’est-ce qu’on fait ? Ce qui est absolument primordial, c’est que l’Etat fasse des violences faites aux femmes une vraie grande cause nationale, mette réellement l’argent sur la table, car maintenant cela va être concret.» Il faut  «des moyens financiers» pour toutes les associations engagées contre les violences faites aux femmes.

 «Il y a un travail pédagogique et culturel colossal à faire» dans l’éducation, complète Odile Chabrillac.

Les invitées relèvent aussi que les femmes développent un fort sentiment de culpabilité lorsqu’elles sont agressées, s’interrogeant sur leur propre comportement, leur habillement, souvent au détriment d’une réaction plus constructive.

Alors quoi faire, jusqu’où aller dans la réflexion et dans l’action ?

Pour le savoir, écoutez l’émission dans son intégralité :