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Familles recomposées : comment retrouver l’équilibre ?

Dans En Quête de sens, nous recevons Sylvie Cadolle, philosophe et sociologue, ainsi que Laure Farret, jeune belle-mère et auteur de « Mon prince charmant a déjà deux enfants ! ».

Quelque 10% des familles sont des familles recomposées

Les situations se multiplient et pourtant les histoires restent particulières. Se pose alors la question de la place de chacun dans la nouvelle configuration familiale. Comment être à une juste place ? « Ne pas usurper la place du parent », mais trouver un positionnement qui permette la vie au quotidien, c’est ce que nous entendons régulièrement. Même si « ça se passe souvent très bien dans les familles recomposées », il n’empêche que cela n’est pas simple, explique Sylvie Cadolle.

Laure Farret l’a vécu. Belle-mère à 28 ans, car son compagnon avait eu deux enfants de sa précédente union, elle confirme que l’enfant a « peur de perdre sa place dans cette nouvelle famille recomposée ». « Ils manifestent très fort leur présence, le père – dépité – ne sait pas forcément comment faire, ni comment introduire la belle-mère, même s’il en a très envie. Et en tant que belle-mère, on se demande aussi : qu’est-ce que je fais là ? ».

Une acceptation différente selon les situations

Souvent considérée comme une « rivale », la belle-mère peut également être considérée comme une « voleuse de mari », notamment si la mère des enfants entretient ce discours, explique Sylvie Cadolle. Une jalousie malgré soi peut miner les relations. Par exemple, la mère peut être « extrêmement blessée », si elle apprend que la belle-mère conquiert ses enfants affectivement. « Non seulement, elle me prend mon ex, mais elle me prend aussi mes enfants »… Bref, les incompréhensions peuvent très rapidement faire surface.

Néanmoins, la belle-mère peut aussi être vue comme la sauveuse d’un père abandonné par sa femme. Bien sûr, le rêve reste toujours de « réconcilier ses parents », cependant, lorsque la situation de séparation s’installe, les enfants peuvent y trouver un apaisement, car « grâce à elle, Papa n’est pas tout seul ».

Du point de vue des enfants, l’arrivée d’un bébé dans le nouveau couple fait passer la belle-mère de « compagne de leur père, à mère de leur sœur » ajoute Laure Farret. « En général, les enfants sont très inquiets pendant la grossesse, malheureux même, car c’est un signe de plus que Papa ne reviendra pas avec Maman » complète Sylvie Cadolle, mais la naissance « fascine » les enfants qui considèrent le nouveau-né « comme leur petit-frère ou petite-sœur à part entière ».

Dans le cadre d’une famille recomposée, les grands-parents ont aussi à trouver leur juste place. Faut-il une « égalité de traitement pour les beaux petits-enfants » ? interroge la sociologue qui souligne qu’en cas de rupture, ces derniers perdent souvent contact avec les plus âgés.

La belle-mère dans le nouveau foyer

Quel statut et donc quelle autorité pour la belle-mère ? Laure Farret veille à « ne pas aller au-delà de son rôle de belle-mère », car la mère doit pouvoir garder sa place. Cependant, son compagnon et elle ont instauré des « règles du foyer » qui sont valables pour tous les enfants qui passent chez eux, enfants ou amis des enfants. De même, elle a choisi de ne pas être la « bonne copine » des enfants de son conjoint, afin de pouvoir « se sentir légitime » dans sa position.

Communiquer dans le couple est fondamental, mais cela est tout aussi essentiel au sein d’un couple recomposé. S’occuper des enfants, un week-end sur deux et pendant la moitié des vacances, permet au couple d’avoir une « lune de miel pendant la semaine », pour « se ressouder » explique Sylvie Cadolle.

« Il faut vraiment savoir ce à quoi on s’engage » conseille Laure Farret et ne pas oublier le pourquoi de ce choix. « Peut-être qu’elle ne l’aimerait pas s’il n’avait pas d’enfants, parce que ses enfants font l’homme qu’il est aujourd’hui »Attention néanmoins à ne pas croire au « mythe de l’amour instantané » prévient Sylvie Cadolle, « ce n’est pas parce que vous aimez un homme que vous aimez nécessairement ses enfants. L’amour dans la famille recomposée se construit très lentement ».