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Face aux fondamentalismes : chacun doit prendre sa part dans le dialogue

Dominique Reynié, Antoine Arjakovsky et Patrice Obert étaient les trois invités de Philippe Delaroche dans Décryptage. Spécialistes des fondamentalismes, ils sont venus nous éclairer sur les raisons des crispations religieuses.

Aux Bernardins, deux ans de travail sur le thème « Etat, religion, laïcité » se sont clôturés par un colloque ce 15 mars 2017. La force de ce colloque est de ne pas s’être orienté uniquement sur l’extrémisme religieux islamique.

On constate que beaucoup se réfèrent et tiennent compte de la dimension religieuse dans leur travail. Elle est « très importante, déterminante, même si elle n’est pas nécessairement ostentatoire », précise Dominique Reynié, fondateur de Fondapol.

Dialogue interreligieux photo

Le rôle de l’Etat : une neutralité pour nourrir les valeurs républicaines

« On a tendance à penser que la foi, c’est comme les goûts et les couleurs, ça ne concerne pas la société ». Erreur pour nos invités qui défendent le fait que « neutralité ne veut pas dire agnosticisme ». L’Etat doit pouvoir garantir la coexistence sereine entre les individus et donc il est nécessaire de reconnaître les convictions de chacun. Une société plurielle est une richesse et la négation des différences conduit aux communautarismes.

Pourquoi la violence ?

La violence est présente dans toutes les religions « et c’est souvent lié à l’acte du culte » comme nous le fait remarquer Patrice Obert, président des Poissons Roses. La crispation des religions mène aux fondamentalismes. La logique de surenchère fait s’élever les murs de l’incompréhension et rigidifie les relations.

« Les jeunes crèvent de ne pas recevoir et de ne pas être cadrés ». Ils sont en quête de leur identité et ont un réel besoin d’ancrage. C’est pourquoi les idéologies extrêmes peuvent paraître séduisantes, elles donnent un cadre et un idéal.

« La radicalisation n’est pas un mal en soi », affirme l’historien Antoine Arjakovsky, « mais elle le devient lorsqu’elle se met au service de la violence contre le bien commun ».

Des solutions pour l’apaisement

Pour ne pas se laisser dévorer par les préjugés et répondre aux tensions liées au multiculturalisme, il faut travailler ensemble. « L’Islam doit retrouver un dialogue en interne, mais aussi avec les autres civilisations ». Tout passe par le dialogue interreligieux et la volonté de trouver de la convergence. Depuis la Renaissance, l’homme se pose en maître du monde, genèse selon Patrice Obert de « l’ultra-modernité » actuelle. Par conséquent, face à la destruction des repères, il faut plus que jamais « réunir foi et culture ».