le direct Musique sacrée

Chefs d’entreprise et cadres supérieurs : comment se ressourcer ?

Prendre du recul et de la hauteur, on en a tous besoin. La vie d’entreprise et le quotidien de manager imposent de porter des hommes et des décisions. En Quête de Sens, avec Claire Gomard, Dimitri Peucelle et le père Hugues Minguet.


Le manager : tiraillé entre l’humain et la performance

Volonté, ambition, passion, mais aussi pression et rythme de la vie professionnelle… « A un moment, on prend conscience du besoin de se retrouver, de se connaître » dit Claire Gomard, entrepreneur et investisseur en Private Equity chez Milestone. « Etre au service de son équipe, faciliter le quotidien pour faire émerger les talents », tel est le rôle du manager, ajoute Dimitri Peucelle, chef d’entreprise depuis plus de dix ans. « On porte beaucoup, on gère des antagonismes constamment et on a besoin de déposer ça quelque part » dit-il, « on a besoin d’être à notre tour coaché ».

Créé pour venir en aide aux différents décideurs de l’entreprise, l’Institut « Sens et Croissance » a été fondé par le père Hugues Minguet, bénédictin de l’Abbaye de Sereys. L’objectif est de « retrouver des fondements solides pour mieux discerner », en répondant par « une approche philosophique et pratique »Sa recette ? Le « moinagement » pour rechercher les meilleures solutions en termes d’organisation, de sens et d’éthique. Une intuition ? L’entreprise doit pouvoir préserver « une certaine neutralité par rapport aux convictions de chacun », pour que tous puissent travailler et « construire ensemble ». Pour autant, « cela ne veut pas dire que le chrétien ne doit pas être inspiré par l’Esprit-Saint et l’Evangile dans son action » ne manque-t-il pas de préciser.

Pèlerinage ou retraite, à chacun sa pause spirituelle

« Lorsqu’on est un manager engagé 100% du temps, c’est difficile de faire cette césure avec le boulot ». Oui, « il y a un désir de vacances, mais on est toujours connecté, donc il faut arriver à créer ces poches de décompression » avoue Dimitri Peucelle. Lui a choisi une « démarche collective, familiale et amicale ». Régulièrement, il part marcher sur les chemins de Saint-Jacques. « En pleine nature, on se rend compte que la civilisation est faite de choses qui nous paraissent essentielles au quotidien et qui tout d’un coup deviennent futiles ». Porter son sac sur le chemin « oblige à une rationalisation », donc il faut enlever le superflu.

Le chemin ? C’est ce que Claire Gomard a choisi depuis quatre ans, car cela lui permet de mettre des priorités et « d’ordonner ses activités ». « On ne peut pas être bon partout et partout en même temps ». « Beaucoup de choses nous échappent, mais nous sont données dans la relation aux autres ». C’est pourquoi, elle organise un pèlerinage sur les routes de Saint-Jacques, guidé par un conseiller spirituel. « Chacun vient avec des questionnements différents » et « il y a une vraie entraide entre les pèlerins ».

La marche n’est pas l’unique forme de ressourcement. Au Châtelard, Claire Gomard a expérimenté la retraite ignatienne : méditation de textes et accompagnement quotidien avec un jésuite.

EDS 3 juillet 2017

Des dirigeants qui se rassemblent…

« Il y a un appel personnel, plus la charge devient lourde, plus on a besoin de se retrouver dans autre chose pour créer un équilibre de vie ». « Chaque manager a besoin de spirituel », telle est la conviction de nos invités. Parallèlement, le dirigeant, le manager, a « besoin d’être confronté à ses pairs ».

Claire Gomard s’est engagée chez EDC (Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens), un mouvement œcuménique rassemblant plus de 4000 français et vivant selon le compendium de la Doctrine Sociale de l’Eglise. Avec eux, elle a co-fondé YEDC, la branche « jeunes » dédiée au Tech et au Digital. La première édition a été une « learning expedition » au Salon mondial de l’Innovation à Las Vegas. Aller recueillir les bonnes pratiques et l’enthousiasme américain, en suivant l’axe « spiritualité et business ».

Dimitri Peucelle s’investit via une maisonnée Fondacio, des rencontres régulières entre dirigeants. Le mouvement propose d’ailleurs une récollection annuelle à l’abbaye de Lérins. « Le dirigeant est souvent un homme seul ». Oui, il a l’occasion de rencontrer beaucoup de monde, « mais lorsqu’il s’agit de déposer son moi intérieur, il est souvent seul »Conflit de valeurs, décisions dans l’urgence, plans sociaux, tout autant de situations qui augmentent la soif spirituelle des dirigeants et managers d’aujourd’hui.

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *