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Accueil des migrants : pour une « durabilité des dispositifs »

Environ 3,9% de la population mondiale vit aujourd’hui dans un pays d’accueil. Un chiffre qui ne cesse d’augmenter. Quelle hospitalité réserver aux migrants ? Ecoutez l’éclairage de deux philosophes qui sont allés au contact de ces populations.

L’hospitalité en crise

Selon Guillaume Le Blanc, l’Europe se constitue actuellement « en forteresse » rejetant sa « tradition d’accueil ». En effet, Fabienne Brugère diagnostique que « nous ne fabriquons plus, collectivement, de signes de l’hospitalité », qui permettent à un pays de réactiver cette valeur. Mais qu’est-ce que l’hospitalité ?  Deux modèles : le modèle éthique – morale, pratiques individuelles – et le modèle politique – lieux d’accueil pensés en politiques, lois. Aujourd’hui, l’effritement du modèle politique s’accompagne d’ « une présence, à nouveau, de l’hospitalité éthique » (Fabienne Brugère). Toutefois, elle précise qu’hospitalité ne rime pas avec accueil inconditionnel.

Une philosophie connectée

Ce « diagnostic du présent » (Fabienne Brugère), s’insère dans une démarche particulière des philosophes. Une réflexion découlant des pratiques pour les modifier, telle est leur conception de la philosophie. D’où leur « reportage d’idées », fondé sur les expériences et l’actualité. Concrètement : parcourir non seulement les frontières, mais aussi l’espace intraeuropéen, et interroger les migrants sur leurs parcours de vie.

Recréer des lieux d’accueils

Leur conclusion : recréer une « philosophie de l’hospitalité ». Cela revient à appréhender les migrants en terme d’ « accueil » plutôt que d’ « intrusion ». En pratique, ils prônent la nécessité de « créer des centres d’accueil durables »(Fabienne Brugère). Il s’agit non seulement de « secourir », mais aussi d' »accueillir » les migrants en les accompagnant, au cas par cas. Les philosophes demandent également un « discours plus clair » de la part des politiques, tout comme un « débat national » à déclencher chez les citoyens, dans la perspective de construire un « espace commun »sur cette question.