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Seuls dans l’univers ? 25 siècles de réflexion

« Sommes-nous réellement seuls dans l’univers ? » : telle est la question posée à Jacques Arnould et Pierre Lena dans En Quête de Sens. A la croisée de la science et de la théologie.

La science ouvre le carcan de la pensée

Dans la science, il faut distinguer deux choses nous dit l’astrophysicien Pierre Lena, « il y a les idées qui sont des intuitions profondes, des réflexions mystérieuses dans l’intelligence de l’Homme, et il y a la preuve que la science apporte avec ses outils, ses appareils, ce qui peut prendre très longtemps ». « L’astrophysique nous montre que l’univers est constitué de matières tout à fait semblables à celles présentes sur la Terre : hydrogène, eau, carbone, souffre, fer… »

Des avancées, comme la lunette de Galilée, représentent un saut technologique énorme, explique l’historien et théologien Jacques Arnould. Certaines idées pouvaient être très combattues, comme celle d’unicité. « L’interdiction de penser un monde plus grand que ce petit cosmos avec la Terre au milieu était une idée qui s’imposait jusque dans l’imaginaire culturel ». D’ailleurs, c’est cette libération de la pensée qui permet l’apparition des premières œuvres de fiction qui auparavant n’auraient pas pu exister.

Comment réconcilier science et religion ?

« La très profonde homogénéité de l’univers » vient nous questionner sur nos croyances : « existe-il d’autres vies conscientes dans l’univers ? » interroge Pierre Lena. Uniques, nous avons été créés « à l’image de Dieu », peut-on lire dans la Bible. « Le psaume 8 invite à regarder le monde dans lequel nous sommes, à regarder ses dimensions » nous dit Jacques Arnould, « il y a une sorte de paradoxe dans la démarche, c’est la grandeur, l’intelligence de l’homme qui lui fait dire aussi que sa place dans l’univers est limitée ».

« L’expression théologique d’une époque va se faire avec les représentations du monde telles qu’elles sont disponibles chez les savants de l’époque », explique Pierre Lena. Aujourd’hui, le paysage dans lequel s’inscrivent les questions change profondément. C’est pourquoi, face aux progrès de la science, Jacques Arnould recommande d’investir encore plus le champ de la théologie de la Création. Parfois, « dans notre expérience personnelle ou communautaire, un évènement fait que nous ne pouvons plus regarder les choses comme d’habitude, cela ne signifie pas que les choses disparaissent, ni que la foi chrétienne disparait » affirme Jacques Arnould. Il faut seulement accepter de « tourner la page » et de « revoir notre manière de penser et de croire avec intelligence ».

Une Terre fragile… et donc à préserver

La conquête spatiale est parfois vue comme une solution de secours aux désastres écologiques et à l’action nocive de l’Homme. Cependant, nos invités ne voient pas les choses ainsi. En effet, certaines planètes disposent de caractéristiques semblables à celles de la planète bleue. Pour autant, cela ne veut pas dire qu’il soit possible « de transporter sept milliards d’habitants » ailleurs, rappelle Jacques Arnould, car une planète comme Mars est aujourd’hui beaucoup « plus hostile que la Terre ».

Les travaux scientifiques ont pour objectif de repousser les limites du savoir, mais doivent également permettre la prise de conscience humaine, « pour considérer la Terre dans sa singularité et sa fragilité ». Pierre Lena confirme, « nous sommes sept milliards sur cette planète, nous avons à la gérer de manière à ce qu’elle soit vivable pour nos petits-enfants et les générations qui suivront », c’est une question de responsabilité.