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« Si sa victoire est large, son socle d’adhésion est faible »

 Avec 66.06 % des voix, Emmanuel Macron a été largement élu, hier soir, président de la République. Le début de sa présidence se fera pourtant sans état de grâce.

Une victoire plus importante qu’annonçait par les instituts de sondages. Pourtant, les 20 millions de suffrages exprimés en faveur du candidat d’En Marche sont à relativiser. Si sa victoire est large, son socle d’adhésion est faible. Seuls 4 électeurs sur 10 ont voté pour Emmanuel Macron. Un Français sur 3 a refusé de choisir entre le deux candidats : abstention record depuis 1969, un taux proche de 25%. Record également pour le vote blanc ou nul, plus de 12 % . Et d’après un sondage Ipsos/Sopra 43 % des électeurs ont mis un bulletin Emmanuel Macron pour « manifester leur opposition à Marine Le Pen ». La candidate du Front National qui a par ailleurs recueilli plus de 10 millions de voix.

Une élection plus marquée, donc, par le rejet que par l’adhésion. Les opposants du nouveau président sont déjà prêts et les défis sont nombreux. Premier défi : concilier entre la droite et la gauche, rassembler des électeurs très éloignés. Le choix du gouvernement s’annonce donc crucial pour rassembler. Autre défi, côté économique, c’est toujours la déprime. 1.1 % de croissance sur l’ensemble de l’année 2016… La reprise est compliquée en France, alors que les économistes estiment qu’il faudrait environ 1.5% de croissance pour faire baisser le chômage.

Enfin, la loi travail pourrait elle rapidement placer Emmanuel Macron face à la colère de la rue. Il a annoncé, lors de sa campagne, l’intention de pousser plus loin la loi El Khomri dès cet été… Et pour cela, le nouveau président prévoit de légiférer par ordonnances… Une méthode qui pourrait mettre le feu aux poudres dès les première semaines du quinquennat…