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Présidentielles 2017 : absence des idées et crise de la représentativité

Dans Le Grand Témoin, le journaliste François Bousquet nous livre son analyse sur la campagne actuelle. Il y regrette une absence des idées et alerte sur une crise de la représentativité politique.

François Bousquet« La ligne Buisson » : gage de succès

Aujourd’hui, derrière les hommes politiques, il y a « plutôt une dimension publicitaire et marketing », mais « pas de penseurs » selon François Bousquet. Dans son ouvrage « La droite buissonnière », il démontre le rôle essentiel de Patrick Buisson dans la victoire de Nicolas Sarkozy en 2007. En effet, « la ligne Buisson », c’est organiser le « volet politique » de stratégie électorale, mais également le « volet métapolitique » lié au combat de la culture et des idées. Buisson avait permis « le grand retour du roman national » qui était absent depuis la mort de Pompidou. Ce discours politique avait permis à Sarkozy de passer de 20 à 30% des voix.

Aujourd’hui, « l’agenda, les thèmes, les éléments de langage ont été imposés par Mélenchon » qui s’inscrit « dans la profondeur de l’Histoire de France ».

L’enjeu : l’attractivité électorale

Contrairement à Nicolas Sarkozy, « François Fillon n’est pas capable de siphonner les voix du Front National ». Il s’adresse à « la France conservatrice pour la question des mœurs et, pour le reste, il reprend à son compte la politique du MEDEF » note François Bousquet. Emmanuel Macron, quant à lui, « est un peu un OVNI, un mélange de télé-évangéliste et de chanteur de variété. Comme François Fillon, il est un expert de la boîte de vitesse. En Marche certes, mais En Marche arrière aussi souvent ! ». Le candidat de la nouveauté propose « un programme assez flou, il mord sur la Gauche, sur la Droite, on ne sait pas où le situer ». Ce qui est sûr pour François Bousquet, c’est que « la société française est traversée par des fractures identitaires, économiques… et que dans un monde en crise, il est de plus en plus difficile de gouverner au centre ».

« Le mandat juridictionnel a confisqué la campagne, la chronique judiciaire a pris le pas sur la chronique politique, d’où notre impression d’une campagne sans relief » regrette François Bousquet. Désormais, « le défi sera de refaire « Nation », dans une France qui est en train de s’atomiser » entre « une France métropolitaine parfaitement intégrée et la France périphérique ».

Crise de représentativité politique et place des catholiques

En France, « il y a toute une partie du corps électoral qui n’est pas représenté » lance François Bousquet. C’est le cas du Front National. « La France populiste semble aujourd’hui majoritaire, donc logiquement elle doit avoir le pouvoir ». Concernant les abstentionnistes, le journaliste ajoute « un jour ou l’autre, il faudra que l’abstention soit représentée politiquement ». Comment ? « C’est le discours de Mélenchon sur la VIème République ». « Nous courons après le remboursement de la dette, mais plus on ajourne la redistribution, plus on s’expose au retour du refoulé et le retour du refoulé est d’autant plus violent qu’on l’a enfouit ».

Depuis une dizaine d’années, Patrick Buisson constate que « sous la pression de l’Islam, le catholicisme devient un élément structurant de l’identité nationale ». Il parle donc de « catholiques identitaires » qui revendiquent « la croyance sans l’appartenance ». De plus, on voit apparaître une « « Droite hors-les-murs », celle de la Manif pour tous, qui ne se retrouve dans aucune dénomination partisane ».

Dimanche, François Bousquet pense que « le réflexe du vote utile » dominera, mais il appelle de ses vœux à considérer le système de la proportionnelle, car « ce qui menace aujourd’hui la France, ce sont des logiques de sécession ».