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Macron, un espoir au centre pour refonder la vie politique française

Dans Le Grand Témoin, Olivier Babeau, professeur d’économie à l’Université de Bordeaux et vice-président de la Fondation Concorde, revient sur le phénomène Macron et sur l’espérance d’une refondation de la vie politique française.

Macron, un président de 39 ans

Dimanche prochain, Hollande remettra les clés de l’Elysée à Emmanuel Macron. Une ère nouvelle s’ouvre, une ère porteuse de beaucoup d’espérances. Macron a « un aspect juvénile, dynamique, entreprenant, on parle d’ailleurs de la start-up Macron » précise Olivier Babeau. Le nouveau président de la République a « ubérisé la politique ». En osant proposer un modèle différent, il est devenu le « Airbnb de la politique ».

« Le système est arrivé de lui-même à une déliquescence, c’est la crise de l’étatisme. L’élection d’Emmanuel Macron est un geste fort de renouvellement pour rompre avec le cercle vicieux de la démagogie et du clientélisme » ajoute Olivier Babeau. « Encore faut-il veiller à ce que les nouveaux barons ne remplacent pas les anciens ».

Une volonté de renouvellement

Désormais, les pronostics vont bon train quant à la composition du nouveau gouvernement. Macron bouscule les codes politiques, on s’attend donc à un gouvernement représentatif de tous les parcours professionnels. L’objectif de cette ouverture n’est pas, selon Olivier Babeau, « une jeunesse d’âge, mais une jeunesse d’énergie, car c’est ce dont on a besoin aujourd’hui ».

Du point de vue des idées, Macron est considéré comme un libéral par son camp. Cependant, aux Etats-Unis, il serait davantage démocrate. Par exemple, « la taxation du capital et du travail au même niveau est totalement absurde » pour Olivier Babeau qui apprécie la position de Macron sur l’épargne. « Il faut que l’épargne, qui est la plupart du temps un risque, soit encouragée… sinon vous ne ferez pas d’investissements productifs », conclut l’économiste.

Un enthousiasme à garder vivant

« Effet générationnel très fort », mais « faible légitimité », c’est ce que l’on entend suite à l’élection de Macron. En dépit du clivage habituel Gauche-Droite, le nouveau président illustre néanmoins parfaitement que l’élection « se gagne au centre ». Après la victoire de la présidentielle, l’enjeu est de remporter la majorité aux législatives, mais attention à « l’illusion du changement », prévient Olivier Babeau, car « les hommes politiques occupent la scène, mais derrière il y a un gros navire avec une inertie énorme ».

Le risque aux législatives, ce sont les voix des électeurs « qui sont perdus dans la mondialisation », selon Olivier Babeau, d’où l’enjeu pour lui de « moderniser l’éducation et de la refonder ». L’économiste insiste également sur le rôle des religions dans les questions éthiques. « L’accumulation technologique peut avoir perdu son substrat moral et devenir juste une accumulation vide de sens, et donc extrêmement dangereuse ». Enfin, Olivier Babeau aborde la redistribution des richesses, en montrant la pertinence de l’évergétisme, car selon lui, même si les associations travaillent au « liant social », « l’Etat a préempté les questions de solidarité ».