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L’Etat : quelle souveraineté vis-à-vis de l’UE ?

Dans Le Grand Témoin, Sylvain de Mullenheim, ancien lobbyiste à Bruxelles, revient sur le rôle de l’Union Européenne et la place des états. Il est l’auteur de l’ouvrage « Dieu, l’Etat et moi ».

« Dieu, l’Etat et moi »

Dans son ouvrage, Sylvain de Mullenheim se met dans la peau d’un chef de l’Etat nouvellement élu, lors de sa rencontre finale avec Dieu. « En France, l’Etat est puissant. Conçu par Napoléon et modernisé par des hommes qui ont fait la guerre ou qui savaient ce qu’était la géopolitique comme De Gaulle, l’Etat n’est pas encore très bien conçu pour résister à une rencontre avec Dieu ». Le roman prend la forme d’un « songe » pour faire prendre conscience de réalités. Sylvain de Mullenheim insiste sur la nécessité de « sortir de la temporalité médiatique pour avoir la capacité à se projeter » et donc à pouvoir « prétendre sérieusement diriger l’Etat ». « Ce qui se passe en ce moment dans l’Antarctique montre qu’il y a encore des états qui réfléchissent à un siècle ! ».

L’UE : écart entre volonté de départ et réalité actuelle

Le métier à Bruxelles est de « trouver des sujets d’harmonisation » en établissant des normes. Mais aujourd’hui, « l’Union Européenne est une machine à acheter de la souveraineté » et Sylvain de Mullenheim constate que de moins en moins de domaines restent l’apanage des états seuls. Il y a donc un écart entre la volonté de départ et la situation actuelle, ce qui crée un quiproquo dans l’opinion.

« Les régions sont parfois considérées comme des interlocuteurs plus valables que les Etats ». Du fait de la décentralisation, « l’Etat se vide de sa substance par le haut et par le bas » regrette Sylvain de Mullenheim. « Nous entrons dans une période de turbulences » prévient l’auteur. Pour lui, derrière le Brexit, il y a ni plus ni moins que la survie de l’Union Européenne. « Il y a de vrais désaccords entre les 27 pays », « si l’un s’en va, cela va mécaniquement donner des idées à d’autres ».

« Quelle doit-être la morale de l’Etat ? »

« Les problèmes que l’on rencontre ailleurs ne sont que les reflets de ce que l’on n’a pas traité chez soi », affirme Sylvain de Mullenheim. « La lutte contre le terrorisme, c’est du domaine des états ». « La Russie a traité son problème islamique, certes avec des moyens que la morale individuelle réprouve, sauf que la morale d’un Etat n’est pas celle d’un individu. C’est-à-dire que l’Etat peut se permettre des choses que ne peut pas se permettre un individu ».

« L’Etat est une personne morale, une conception abstraite, Locke appelle ça le Léviathan. En tant que monstre, un état n’a pas d’émotions et est censé agir parfois durement », sauf que pour Sylvain de Mullenheim cette question qui mériterait d’être posée dans la campagne présidentielle ne l’est pas.